La rentabilité des sociétés de gestion plonge en France
Publié vendredi, le rapport 2008 de l’AMF sur la gestion pour compte de tiers en France permet de mesurer en détail l’ampleur de la crise qui a frappé le secteur (capital investissement inclus) l’an dernier. Si les encours gérés ont baissé de 10% sur un an à 2.262 milliards d’euros fin 2008, la dégradation de la rentabilité des sociétés de gestion s’est révélée bien supérieure. A la fonte des actifs gérés s’est notamment ajouté un recul des taux de commissionnement, qui pour le compartiment de la gestion collective sont retombés sous leurs niveaux de 2005 après des années de hausse continue.
Le résultat d’exploitation du secteur a ainsi reculé de 34,5% à 2,2 milliards d’euros. Plus d’une société sur quatre a même affiché une perte d’exploitation l’an dernier, alors qu’elles n’étaient que 15% dans ce cas en 2007. Le résultat net des sociétés de gestion s’élève à un milliard (-63%), mais avec de très fortes disparités: alors que les sociétés bénéficiaires ont engrangé 2,1 milliards (-25%), les acteurs en pertes ont multiplié les leurs par 13, à 1,1 milliard. Pour expliquer cette évolution, l’Autorité évoque, sans la nommer, «la perte importante d’une société de gestion, filiale d’un établissement de crédit». On aura reconnu SGAM, la filiale de la Société Générale.
Bonne nouvelle tout de même, le nombre de sociétés de gestion a encore augmenté, passant de 538 à 571. «On note néanmoins un ralentissement du nombre de projets de création (…) et ce jusqu’à la fin du premier trimestre 2009», relève l’AMF. Les effectifs totaux du secteur ont eux aussi continué à progresser, de 1,1%, pour dépasser les 15.000 collaborateurs. Mais ceux-ci gagnent moins: leur rémunération agrégée a diminué de 7,5% sur un an, en raison de la baisse des bonus.
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