La renégociation des aides à l’Irlande et au Portugal paraît peu probable
A la différence de l’Irlande et du Portugal, l’Espagne a obtenu le soutien de l’Union européenne sans s’engager à respecter un nouveau programme d’austérité. Par conséquent, l’accord trouvé entre Madrid et l’Europe a fait grincer des dents en Irlande.
Bon élève parmi les pays aidés, Dublin ne manque pas une occasion de demander un assouplissement de son programme depuis plusieurs mois. Elle a déjà obtenu un allègement de son taux d’emprunt, initialement supérieur à 6%, en juillet 2011, auprès des dirigeants européens. Puis, en septembre dernier, la Commission européenne a supprimé la marge que l’Irlande et le Portugal devaient payer par rapport au coût de financement de l’EFSM (Mécanisme européen de stabilité financière, géré par la Commission) sur le marché. Elle a par ailleurs accordé un allongement des maturités jusqu'à 30 ans des prêts.
«Les conditions ne semblent pas très différentes d’un pays à un autre, à l’exception de la Grèce, commente Frederik Ducrozet, économiste senior sur la zone euro chez Crédit Agricole CIB. En particulier, les taux d’intérêt sur les prêts officiels ne seront probablement pas significativement différents». L’Union européenne a estimé hier qu’un taux d’intérêt sur les prêts à l’Espagne entre 3 et 4 % serait raisonnable.
Les critiques venues d’Irlande ne concernent donc pas tant les conditions financières de l’aide que les contreparties qui lui ont été demandées dans le cadre du programme d’ajustement. «Beaucoup d’Irlandais se demanderont pourquoi certaines conditions s’appliquent pour nous et d’autres à l’Espagne», prévient Pearse Doherty, le porte-parole du parti d’opposition Sinn Fein en charge des finances.
En Irlande et au Portugal, les gouvernements n’ont pas tardé à rassurer sur les conditions du plan espagnol, qui, en fait, n’ont pas encore été dévoilées. «Ils ont obtenu exactement le même accord que celui que nous avons», a déclaré Brian Hayes, le ministre adjoint des Finances irlandais. «Il n’y a pas de raison» de demander de nouvelles conditions sur le programme d’aide au Portugal, a assuré Pedro Passos Coelho, le Premier ministre portugais. Les deux pays n’en restent pas moins vigilants. «Si l’Espagne obtenait des conditions plus avantageuses que les autres pays sous assistance, il y aurait une extension de ces conditions aux autres Etats, j’en suis certain», a ajouté Pedro Passos Coelho.
Plus d'articles du même thème
-
La saison 2026 des assemblées générales est placée sous le signe des successions
Les assemblées générales du SBF 120 constituent un test de confiance pour les dirigeants. Le taux d’approbation de la nomination ou de la réélection de la cinquantaine de présidents, directeurs généraux ou PDG sera particulièrement scruté. -
La Suisse publie sa proposition de loi « too big to fail » sur mesure pour UBS
Si le texte est voté, les filiales étrangères des groupes bancaires systémiques devront intégralement être couvertes par des capitaux propres. UBS, la seule banque concernée, s’insurge contre cette mesure. -
Kiloutou lance une obligation senior garantie de 800 millions d'euros
Le produit de l'opération, ainsi que la trésorerie disponible, serviront à refinancer les obligations à taux variable du groupe arrivant à échéance en 2030. -
Les lunettes connectées continuent à porter la croissance d'EssilorLuxottica
Le géant de l'optique affiche une hausse de ses revenus supérieure à 10% pour le troisième trimestre de suite. Les dirigeants confirment leurs objectifs. -
Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
Le spécialiste du crédit à la consommation issu de l’activité créée par le vépéciste 3 Suisses veut s'étendre de l'Europe de l'Ouest à l'Europe centrale. Il défend le modèle de sa petite banque à distance Monabanq, dont l’objectif ne serait pas de faire du volume. -
Les échanges sur les marchés actions européens battent des records
L’activité des marchés boursiers européens au premier trimestre a atteint un niveau record depuis l’entrée en vigueur de la directive sur les marchés d'instruments financiers en 2018.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027