La remise en cause du découplage entre Europe et Etats-Unis pèse sur l’euro

La devise a souffert hier des craintes d’une contagion du ralentissement économique américain à la zone euro et du retour de l’aversion pour le risque
Tân Le Quang

Les craintes d’une contagion du ralentissement économique américain à la zone euro et l’effondrement des bourses européennes ont hier fait flancher la monnaie unique. Après avoir flirté avec les 1,50 la semaine passée, l’euro/dollar a perdu lundi jusqu’à 1,12 %, touchant un plus bas de 1,4457, contre une clôture à 1,4622 vendredi. Cette tendance baissière a été aussi alimentée par un changement de ton de certains membres de la BCE. Dimanche, Nout Wellink, président de la Banque centrale néerlandaise et membre du Conseil des gouverneurs a déclaré s’attendre à une croissance européenne « moins vigoureuse qu’attendu en 2008 » et « plutôt à 1,5 % que 2,5 % ». Des propos confirmant ceux tenus mercredi par son homologue luxembourgeois et membre du Conseil, Yves Mersch. Ce dernier a rapporté dans la presse que la BCE « pourrait revoir à la baisse sa prévision de croissance de la zone euro en 2008 » et qu’elle « devrait rester souple en matière de taux d’intérêt ».

« Le retour de l’aversion pour le risque sur les marchés actions en Europe et la remise en cause du découplage entre la zone euro et les Etats-Unis expliquent le repli de l’euro face au dollar. Le billet vert devrait cette semaine bénéficier de l’absence de mauvaises surprises en termes de statistiques américaines. Toutefois, le dollar devrait rapidement être rattrapé par les anticipations de baisse des Fed funds », estime Carole Laulhere, stratégiste change chez Société Générale. L’euro risque d'évoluer au gré des anticipations de taux ces prochains jours. Vu le changement de discours de la Fed sur les perspectives américaines, Lehman Brothers s’attend à ce que la BCE baisse éventuellement ses taux. La banque rappelle qu’en 2001, la BCE a fini par les réduire quatre mois après l’entame par la Fed de son assouplissement monétaire.

Mais des divergences au sein du Conseil sont encore perceptibles. Jürgen Stark, membre de la BCE a répété lundi que la Banque centrale tablait toujours sur une croissance autour du potentiel en 2008 et était prête à agir pour éviter les effets de second tour. Yves Mersch a même tempéré ses précédentes déclarations en précisant hier être « prudent au sujet de l'éventualité d’une baisse des taux de la BCE ». La tension est palpable : la volatilité à 1 mois de l’euro/dollar a touché les 10,3 %, contre 9,5 % vendredi, et approche du record de 12,40 % atteint le 3 mars 2004.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...