La régulation des ETF entre dans sa dernière ligne droite

Les acteurs sont globalement satisfaits du cadre proposé par l’Esma même s’il veulent notamment clarifier l’information contenue dans les prospectus
Solenn Poullennec
rivian, constructeur automobile, véhicules électriques
 -  photo Rivian

Le régulateur des marchés européens est dans sa dernière ligne droite pour imposer une nouvelle régulation aux exchange-traded funds (ETF) et à l’ensemble des fonds Ucits utilisant des techniques de réplication d’indices ou de prêts de titres, à partir du deuxième trimestre de cette année. Les professionnels ont répondu à la consultation lancée en début d’année. Le régulateur avait adopté une position assez modérée alors que l’année 2011 avait été marquée par des débats houleux sur les risques des ETF. Les grands acteurs du secteur, Lyxor AM et BlackRock sont globalement satisfaits du cadre proposé, à quelques questions près.

A propos des identifiants des produits, BlackRock voudrait différencier les ETF synthétiques des ETF à réplication physique. Lyxor s’y oppose arguant que cela «mettrait l’accent sur quelque chose qui est de second ordre, la façon dont le fonds réplique l’indice».

BlackRock reconnaît que la «tracking error», qui mesure la qualité de réplication de l’indice, doit être contenue dans le prospectus. Mais le groupe se dit «préoccupé par son interprétation par les investisseurs moins avertis» et souhaiterait qu’elle soit complétée par d’autres informations. Sur ce point, Lyxor souhaiterait que la définition de ce concept soit précisée, harmonisée au niveau européen et clairement différenciée de la «tracking difference» qui mesure la performance du fonds par rapport à l’indice de référence.

Toujours à propos du prospectus, BlackRock souhaiterait que soient mentionnées dans le prospectus les activités de prêts de titres, les risques de contrepartie et les potentiels conflits d’intérêts. Par ailleurs, les acteurs semblent sceptiques sur la proposition de l’Esma de diversifier le collatéral. «Nous pensons fermement qu’une bonne qualité de crédit et une bonne liquidité du collatéral sont beaucoup plus importantes que sa diversification», écrit BlackRock. Pour Lyxor AM, «la diversification n’est pas nécessaire sachant que le fonds n’a pas d’exposition directe à ce collatéral.»

L’Esma a également proposé de limiter la proportion des actifs du fonds qui pourraient faire l’objet de prêts de titres. Lyxor rejette cette idée qui ne serait pas, selon lui, dans l’intérêt des investisseurs car les activités de prêts de titres peuvent améliorer la performance du fonds. BlackRock invoque les mêmes arguments.

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