La régulation bancaire pourrait être plus favorable aux titrisations
Les acteurs du marché de la titrisation espèrent que la régulation bancaire va favoriser les obligations adossées à des titres hypothécaires résidentiels (RMBS), voire davantage. Une proposition du Conseil des ministres datée du 1er mars suggère que le règlement qui traduit Bâle 3 dans le droit européen, puisse notamment les inclure dans les titres considérés comme liquides par les régulateurs. C’est une première avancée selon le lobby financier européen, AFME, qui plaide pour que les titrisations de bonne qualité - et pas seulement les RMBS - soient ainsi reconnues.
Pour mémoire, c’est en juillet dernier que la Commission a publié CRD 4, c’est-à-dire sa proposition de directive et de règlement sur le cadre prudentiel des banques. Il imposera deux ratios de liquidité. Le premier à un an (NSFR) en 2018 et le second à 30 jours (LCR) en 2015.
Le respect du LCR suppose qu’une banque pourra, pendant un mois, faire face à la perte de confiance de ses clients et à de difficiles conditions sur les marchés. Pour couvrir ses besoins, la banque doit pouvoir vendre ou mettre en garantie des actifs considérés comme liquides, c’est-à-dire des titres souverains, ou assimilés, des obligations d’entreprises non financières au moins notées AA- et des obligations foncières.
Alors que le Comité de Bâle se réunit les 20 et 21 mars pour ajuster le calcul de ce ratio, le Conseil proposerait donc à l’Autorité bancaire européenne (EBA) de rendre un rapport à la Commission d’ici à juin 2013, sur l’opportunité d’élargir la liste des actifs liquides non seulement à l’or et aux actions cotées mais «par exemple aux RMBS présentant une grande liquidité et qualité de crédit».
Un tel élargissement est loin d’être acquis. Le Conseil des ministres doit se mettre d’accord avec le Parlement sur le règlement. Cela n’empêche pas les analystes de s’enthousiasmer. Ils soulignent que cela rendrait CRD 4 plus cohérent avec les critères de collatéral de la BCE et arguent que certains RMBS n’ont rien à envier en termes de liquidité et qualité de crédit à certains titres souverains. L’inclusion des titrisations dans les actifs liquides «serait un soutien puissant pour la classe d’actifs, susceptible d’élargir significativement la base des acheteurs en encourageant les banques à réinvestir», écrivent les analystes de RBS. Selon eux, les banques représentent 40% des achats de titrisations aujourd’hui contre 85% avant 2007.
{"title":"","image":"78058»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah