La réforme du Livret A favorise les obligations indexées sur l’inflation
Tombé hier, le chiffre de l’inflation française pour le mois de décembre (2,46 % hors tabac) ne laisse aucune place au doute. Si la Banque de France appliquait la formule de calcul du taux du Livret A (une moyenne de l’inflation et de l’Euribor 3 mois, majorée de 0,25 % et arrondie au quart supérieur), la rémunération du produit devrait bondir à 4 % le 1er février, contre 3 % aujourd’hui. Selon toute vraisemblance, l’institution devrait cependant estimer que des circonstances exceptionnelles justifient de déroger à la règle. « Dans ce cas, les taux sont maintenus à leur niveau antérieur et le Comité de la réglementation bancaire et financière examine l’opportunité de les modifier », prévoient les textes. Ce sera alors à Bercy – et sans doute à l’Elysée – d’arbitrer en faveur d’une hausse partielle.
La question n’est pas neutre pour le marché des obligations indexées sur l’inflation française. Car ces titres servent de couverture pour la gestion des encours du Livret A, qui verse une rémunération dépendant pour moitié de l’évolution de l’indice des prix. « Une hausse du taux d’intérêt devrait encourager les flux sur le produit, qui à leur tour augmenteront les besoins de couverture contre l’inflation », estime ainsi Anton Heese, à la recherche taux de Lehman Brothers.
La précédente augmentation de la rémunération, de 2,75 % à 3 %, date du 1er août 2007. Dans les trois mois qui ont suivi (les statistiques s’arrêtent à fin octobre), l’encours du Livret A s’est accru de 1,2 milliard d’euros à 116,7 milliards. Sur le Livret Bleu, distribué par le Crédit Mutuel, la collecte nette a approché les 500 millions d’euros, pour 19,6 milliards d’encours. Et le Livret A détermine la rémunération de tous les autres produits d’épargne réglementée.
« La généralisation du Livret A à tous les réseaux bancaires devrait également provoquer une forte augmentation de la demande sur les papiers indexés sur l’inflation française », indiquait hier Alain Gallois, patron mondial des marchés de dette chez Natixis.
Face à la demande, l’offre est là. Le programme 2008 de l’Agence France Trésor sera constitué à 10 % au moins d’obligations indexées, soit 12 milliards d’euros, avec une bonne part d’OATi (inflation française) et le lancement d’une nouvelle ligne à 15 ans. La Cades émettra, elle, entre 500 millions et un milliard d’indexées.
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