La réforme de l’indice des prix britannique tient le marché en haleine

Un changement de la formule pourrait être annoncé demain. Il risque d’amputer le rendement nominal des emprunts d’Etat indexés sur l’inflation
Alexandre Garabedian

La Grande-Bretagne a-t-elle trouvé la martingale pour réduire par magie la charge de sa dette? Les détenteurs de Gilts indexés sur l’inflation auront demain la réponse à cette question, qu’ils se posent depuis des mois. Un comité d’experts en statistiques pourrait en effet proposer des changements à la formule de calcul de l’indice des prix de détail, le retail prices index (RPI), la référence historique outre-Manche.

Le RPI utilise une moyenne arithmétique des hausses de prix. L’idée serait de passer début 2013 à une moyenne géométrique, comme pour le CPI (consumer index price), sur lequel se fonde la Banque d’Angleterre. Ce changement de méthode aurait pour effet de faire baisser le RPI, qui a toujours été supérieur au CPI depuis 1994 à l’exception de 2009. Dans une note publiée au printemps, RBS chiffrait à 100 points de base la réduction de l’écart entre les deux mesures.

Les conséquences d’une telle réforme seront lourdes, pour une multiplicité d’intervenants. Premier marché concerné, celui des Gilts indexés sur le RPI, qui atteint les 350 milliards de livres. La réforme «réduira les taux d’inflation publiés, et donc, les rendements nominaux réalisés et espérés sur les obligations indexées», explique Jonathan Gibbs, directeur des investissements chez Standard Life Investments. La documentation juridique des linkers les plus anciens offrirait certes à leurs porteurs, selon les économistes, la possibilité de se les faire racheter au pair. Mais en pratique, avec des prix de marché largement supérieurs, cette porte de sortie n’a aucun intérêt.

L’impact sur les fonds de pension dépendra, lui, de l’indice qui sert à réévaluer leurs passifs et de leur politique de couverture contre l’inflation. Certains sortiront gagnants de la réforme, selon Standard Life.

Pour l’Etat britannique, enfin, la perspective d’une baisse de 50 ou 100 pb de sa charge d’intérêt annuelle sur un quart de sa dette constitue une bonne nouvelle. Du moins à première vue, car certains grands gérants, tels que M&G, ont du mal à avaler la pilule. «Si l’on commence à croire que la Grande-Bretagne manipule les taux d’inflation à la baisse pour gérer son énorme stock de dette, cela pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du marché des Gilts», souligne Jonathan Gibbs, jusqu'à «compromettre le rôle de valeur refuge de la dette britannique».

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