La réforme de l’indice des prix britannique tient le marché en haleine
La Grande-Bretagne a-t-elle trouvé la martingale pour réduire par magie la charge de sa dette? Les détenteurs de Gilts indexés sur l’inflation auront demain la réponse à cette question, qu’ils se posent depuis des mois. Un comité d’experts en statistiques pourrait en effet proposer des changements à la formule de calcul de l’indice des prix de détail, le retail prices index (RPI), la référence historique outre-Manche.
Le RPI utilise une moyenne arithmétique des hausses de prix. L’idée serait de passer début 2013 à une moyenne géométrique, comme pour le CPI (consumer index price), sur lequel se fonde la Banque d’Angleterre. Ce changement de méthode aurait pour effet de faire baisser le RPI, qui a toujours été supérieur au CPI depuis 1994 à l’exception de 2009. Dans une note publiée au printemps, RBS chiffrait à 100 points de base la réduction de l’écart entre les deux mesures.
Les conséquences d’une telle réforme seront lourdes, pour une multiplicité d’intervenants. Premier marché concerné, celui des Gilts indexés sur le RPI, qui atteint les 350 milliards de livres. La réforme «réduira les taux d’inflation publiés, et donc, les rendements nominaux réalisés et espérés sur les obligations indexées», explique Jonathan Gibbs, directeur des investissements chez Standard Life Investments. La documentation juridique des linkers les plus anciens offrirait certes à leurs porteurs, selon les économistes, la possibilité de se les faire racheter au pair. Mais en pratique, avec des prix de marché largement supérieurs, cette porte de sortie n’a aucun intérêt.
L’impact sur les fonds de pension dépendra, lui, de l’indice qui sert à réévaluer leurs passifs et de leur politique de couverture contre l’inflation. Certains sortiront gagnants de la réforme, selon Standard Life.
Pour l’Etat britannique, enfin, la perspective d’une baisse de 50 ou 100 pb de sa charge d’intérêt annuelle sur un quart de sa dette constitue une bonne nouvelle. Du moins à première vue, car certains grands gérants, tels que M&G, ont du mal à avaler la pilule. «Si l’on commence à croire que la Grande-Bretagne manipule les taux d’inflation à la baisse pour gérer son énorme stock de dette, cela pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du marché des Gilts», souligne Jonathan Gibbs, jusqu'à «compromettre le rôle de valeur refuge de la dette britannique».
Plus d'articles du même thème
-
Hendrik Leber cède la direction d'Acatis à Thorsten Schrieber
Le cofondateur du gestionnaire allemand continue néanmoins de gérer ses fonds. -
Dans la course à l'IA, la fonction finance privilégie la vitesse de déploiement à la gouvernance
Si les équipes financières se sentent pressées de déployer des agents IA le plus rapidement possible, la gouvernance, la responsabilité et les contrôles internes peinent à suivre le rythme. -
L’assurance des transactions séduit de plus en plus assureurs et entreprises
Le marché des couvertures dédiées aux transactions financières, M&A en tête, se déploie en France y compris vers des transactions de plus petite taille. Il est soutenu par une évolution des offres, la montée en compétences des assureurs et la faiblesse des taux de prime. -
Invesco collecte plus de 60 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026
Les encours de la société de gestion américaine ressortent à 2.470 milliards de dollars fin juin 2026. -
Le PIF ancre un nouveau fonds de capital-investissement pour le Moyen-Orient
Le fonds souverain saoudien s'engage comme investisseur pilier dans un véhicule de capital-investissement de Brookfield ciblant les entreprises d'Arabie saoudite et du Golfe. Le premier closing vient d'être annoncé à 2 milliards de dollars. -
Hong Kong allège ses standards d'introduction en Bourse
Pour rivaliser dans la course avec les autres places financières, le Hong Kong Stock Exchange se montrera beaucoup moins regardant sur la cotation d'entreprises ayant des actions à droits de vote multiples.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
#DigitalCitizenIA : quand l’humain devient suspect - par David Lacombled
A force d’apprendre aux machines à parler comme nous, nous commençons à parler comme elles -
Tribune« Face aux incendies, planifier plutôt que subir » – par Pierre Jouvet
Pour l'eurodéputé et secrétaire général du Parti socialiste, « les gouvernements d'Emmanuel Macron auront été les champions du monde de la réunion de crise et les cancres de la planification » -
Pourquoi le déficit des hôpitaux publics reste structurellement haut ?
Selon un nouveau rapport de la Drees, il s’élève à 2,3 milliards d'euros en 2025, en légère baisse par rapport à l’an passé