La réduction du délai fournisseur pèsera sur les marges des distributeurs
Dans un environnement économique et réglementaire plus difficile, Euler Hermes SFAC anticipe une accélération des faillites dans le secteur
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Bruno de Roulhac
Des perspectives difficiles pour les distributeurs en France. Entre 2004 et 2006, la marge opérationnelle des exploitants de magasins a baissé de 0,7 point à 2 %, constate l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC sur un échantillon de 4.310 bilans. La flambée des prix à la production des produits alimentaires va accentuer cette fragilisation des acteurs. La marge de ces sociétés devrait ainsi reculer à 1,9 % en 2007 et à 1,8 % en 2008. Quant à la marge d’exploitation moyenne en France des grands groupes de distribution, elle devrait passer de 5,5 % en 2004, à 4,5 % estimés en 2007 et 4,4 % prévus en 2008. Une pression sur la rentabilité des distributeurs qui va se renforcer cette année avec la disparition des marges arrière, l’abaissement des seuils d’autorisation pour l’ouverture de magasins et la réduction des délais de paiement.
La réduction du délai fournisseur pèsera particulièrement sur les marges des entreprises de plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Selon l’assureur-crédit, une réduction du délai de 56 jours (en 2006) à 45 jours représenterait une baisse de près de 9 % du résultat d’exploitation, et une baisse à 30 jours absorberait plus de 20 % du résultat d’exploitation.
Dans un tel environnement, la sinistralité du secteur devrait s’aggraver. Déjà l’an dernier, le nombre de défaillances de magasins (supermarchés et supérettes) a bondi de 36 % à plus de 100. Et cette année, l’assureur-crédit prévoit déjà de 140 à 150 faillites.
Dans ce contexte français difficile, l’internationalisation constitue un impératif malgré une rentabilité encore faible. En effet, la plupart des acteurs mondiaux réalisent plus de 80 % de leurs ventes dans leur zone domestique : Carrefour opère 83 % de son chiffre d’affaires en Europe et Casino 72 %. Quant à leur marge d’exploitation estimée pour 2007 à l’étranger, elle est de 3,8 % pour Carrefour (4,1 % pour le groupe) et de 4,1 % pour Casino (4,6 % pour le groupe). Afin d’améliorer ces marges, les distributeurs ont accéléré la restructuration de leur portefeuille, à l’instar de Carrefour, recentré sur des pays cibles.
De plus, la concentration locale n’est pas encore achevée, surtout sur les marchés émergents. Les dix premiers acteurs ne détiennent que 10,7 % du marché en Russie, 5,7 % en Chine et 3,1 % en Inde. Néanmoins, les barrières à l’entrée restent fortes et nécessitent une alliance avec un partenaire local.
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