La récolte américaine de céréales devrait être moins mauvaise que redouté

Les autorités ont revu à la hausse leur prévision de production. Le G20 attendait ces nouvelles données pour se prononcer sur une action
Krystèle Tachdjian

La récolte de maïs aux Etats-Unis, premier producteur mondial, devrait finalement être moins mauvaise que prévu. Le département américain de l’agriculture (USDA) vient en effet de réviser à la hausse ses prévisions de production pour la saison 2012-2013 à 10,7 milliards de boisseaux, ce qui constitue toutefois le plus faible niveau de production depuis six ans, selon les estimations publiées hier. Le mois dernier, les autorités américaines s'étaient contentées de tabler sur une estimation de 10,7 milliards de boisseaux.

Alors que le pays a été confronté ces derniers mois à l’une de ses pires périodes de sécheresse, août s’est finalement révélé un peu plus clément sur le front climatique dans l’ouest du pays, ce qui a permis une meilleure récolte dans cette zone géographique mais sans pour autant sauver une production en grande partie compromise au niveau national.

Hier, ces annonces ont permis de relâcher un peu la pression sur les cours des matières premières agricoles notamment le maïs (-1,3% sur le marché des futures hier) et le soja qui avaient tutoyé des sommets ces dernières semaines. Les regards sont désormais tournés du côté des membres du G20 qui avaient indiqué mi-août qu’ils se baseraient sur les prévisions de l’administration américaine pour décider d’une éventuelle réunion d’urgence afin d’endiguer la flambée du cours des matières premières agricoles, et d’écarter le risque d’une crise alimentaire mondiale comme en 2007-2008.

En France, le gouvernement s’est saisi du dossier. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll a annoncé hier un plan d’action pour lutter contre l’inflation des prix des matières agricoles qui pénalise la filière. Le plan prévoit notamment de mobiliser la communauté internationale pour freiner le développement des biocarburants qui concurrencent les terres vouées à la production. La France compte d’ailleurs plafonner à 7% le taux d’incorporation de l’éthanol dans l’essence.

Au niveau international, François Hollande va demander la mise en place de stocks stratégiques, auxquels les pays pourraient recourir en cas de pénurie ou de forte hausse des prix. C’est déjà le système en vigueur pour le pétrole. Reste à savoir si ce message sera entendu compte tenu de l’opposition de certains pays à cette idée déjà portée lors de la présidence française du G20.

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