La récession au Royaume-Uni rend un peu plus probable une nouvelle intervention de la BoE
La profondeur de la récession britannique est encore plus importante que prévu. Selon les données publiées hier par l’Office national de la statistique (ONS), l’économie du Royaume-Uni s’est contractée de 0,3% au premier trimestre 2012, contre -0,2% estimé il y a un mois . Ce recul trimestriel vient s’ajouter à une baisse du PIB à hauteur de -0,3% au dernier trimestre 2011, précipitant ainsi le pays dans une récession technique.
La situation semble d’autant plus sérieuse qu’il s’agit de la première récession en «double-dip » depuis les années 70, autrement dit un rebond économique suivi d’une rechute. Les mauvais chiffres du premier trimestre sont à mettre sur le compte d’une contraction à hauteur de 4,8% de l’activité dans le secteur de la construction, qui a enregistré son repli le plus significatif depuis le premier trimestre 2009.
De son côté, la production manufacturière a stagné tandis que le secteur des services a faiblement grimpé de 0,1%. En dépit du programme d’austérité mené à marche forcée par le gouvernement conservateur de David Cameron, la consommation publique a progressé de 1,6% sur le trimestre tandis que les dépenses de consommation finales des ménages sont restées virtuellement à l’identique (+ 0,1%), conformément aux attentes des analystes.
La confirmation de l’entrée en récession du Royaume-Uni intervient alors même que la poursuite de la politique d’assouplissement monétaire, qui a été portée jusqu’à présent à 325 milliards de livres, fait débat. Alors que huit des neuf gouverneurs de la Banque d’Angleterre (BoE) ont voté la fin de ce programme lors de leur dernière réunion en mai en raison du risque inflationniste, le programme pourrait être repris si la crise en zone euro venait à s’aggraver, selon une déclaration de Charlie Bean, vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre, le 23 mai.
Le changement de ton de la BoE fait écho aux recommandations du FMI qui a encouragé cette semaine la banque centrale à réduire ses taux directeurs, actuellement fixés à 0,5%, et à poursuivre sa politique de rachat d’actifs pour soutenir l’économie britannique.
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