La récession au Royaume-Uni relance les paris sur une nouvelle action de la BoE
L’activité a diminué au Royaume-Uni. Alors que les économistes s’attendaient à une modeste croissance, le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre, d’après la première estimation de l’Office national des statistiques (ONS). Comme il s’agit du deuxième trimestre consécutif de recul de l’activité, le Royaume-Uni est entré dans une récession technique. Depuis fin 2010, le pays oscille entre croissance et contraction du PIB, mais c’est la première fois depuis mi-2009 qu’il enregistre une baisse d’activité sur deux trimestres d’affilée.
Le repli du secteur de la construction était attendu. La baisse d’activité, de 3 %, est finalement inférieure aux données préliminaires. La mauvaise surprise est venue de la faiblesse généralisée de l'économie au premier trimestre. Le secteur des services en particulier n’a progressé que de 0,1 %. Ce chiffre «décevant laisse supposer que le rythme de la croissance pourrait être un peu plus faible que prévu initialement», conclut Chris Crows, économiste chez Barclays Capital.
La Banque d’Angleterre avait prévenu que l'économie serait chahutée cette année. Mais elle s’attendait jusqu’ici à une baisse du PIB au deuxième trimestre en raison des congés liés au Jubilé de la Reine, puis à un rebond au trimestre suivant. Barclays Capital s’attend plutôt à présent à une légère croissance au deuxième trimestre, liée à la reprise de la construction, puis à un rebond entre juillet et septembre.
Le choix de la Banque d’Angleterre qui décidera en mai de poursuivre ou non sa politique d’assouplissement quantitatif s’annonce difficile. A l’environnement incertain, s’ajoutent les interrogations sur les statistiques publiées par l’ONS. La forte chute de la construction en décembre et en janvier a laissé la BoE «perplexe», d’après les minutes de la réunion d’avril.
Alors que l’activité dans les services a déçu, l’indice des directeurs d’achat (PMI) sur le secteur est ressorti autour de 55 au premier trimestre, ce qui reflète une croissance de l’activité. Deux membres du comité de politique monétaire ont d’ailleurs récemment exprimé leurs doutes à l'égard des données de l’ONS.
Même si un relèvement du programme de rachat d’actifs n’est toujours pas leur scénario principal, après le ton moins accommodant des dernières «minutes», certains économistes comme ceux de Credit Suisse ou de BNP Paribas reconnaissent à présent que sa probabilité a augmenté.
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