La RBA change de ton sur l’évolution du dollar australien

Le statu quo monétaire et l’abandon de son discours offensif sur sa devise ont entraîné un fort rebond de sa valeur de près de 2% contre dollar hier.
Patrick Aussannaire

La banque centrale australienne semble avoir mis un terme à son cycle d’assouplissement monétaire, quitte à laisser sa devise se renforcer de 1,7% contre dollar en séance hier. Plus que le maintien de ses taux directeurs à 2%, la RBA a surtout sensiblement atténué son discours sur le nécessaire affaiblissement de la devise.

«Ce changement de ton suggère que la RBA estime que le dollar australien reflète désormais davantage les fondamentaux du pays et pourrait être proche de son niveau d’équilibre», explique ainsi Citigroup. Malgré le rebond d’hier, la dépréciation de la devise australienne contre le billet vert atteint 11% depuis le début de l’année et même 26% sur un an. «Malgré cela, compte tenu du risque de ralentissement de l’économie chinoise et de la chute du prix des matières premières, le dollar australien devrait rester sous pression», estime BNP Paribas.

Le gouvernement australien table sur une croissance de 2,75% cette année et de 3,25% sur 2016. Un taux qui correspond à son niveau potentiel estimé à environ 3%. «La contre-performance des matières premières indique que les chances sont faibles de voir une reprise de l’investissement et de l’emploi dans ce secteur pourtant clé de l’économie. Plus la crise du secteur durera longtemps, plus elle risquera d’entraîner l’économie avec elle», estime ING. Si la dépréciation du dollar australien a permis une amélioration de la confiance des entreprises, elle a fait chuter l’inflation à un niveau de 1,5%, inférieur à l’objectif de 2% à 3% de la RBA. «L’inflation reste très faible et il existe ainsi des marges de manœuvre pour davantage d’assouplissement», ajoute ING. Les marchés anticipent à 50% la probabilité d’une nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année.

Dans le même temps, le marché immobilier reste un casse-tête pour la RBA, les prix ayant continué de progresser à un rythme de 2,8% en juillet après 2,1% en juin avec une croissance du crédit stable à un rythme annuel de 7%. Dans le cadre des mesures macro-prudentielles prises par les autorités pour éviter une bulle immobilière, les banques devront désormais détenir davantage de capitaux pour couvrir leurs stocks de créances hypothécaires. Des mesures qui «devraient conduire à une hausse des taux hypothécaires, et ainsi augmenter la probabilité de voir la RBA baisser ses taux pour ne pas pénaliser les autres secteurs de l’économie australienne», estime ING.

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