La question de la succession de Daniel Bouton est posée

Les politiques ciblent le PDG de la banque. Mais aucun patron potentiel ne s’affirme en interne, ce qui accrédite un peu plus l’hypothèse d’un rachat
Alexandre Garabedian

Combien de temps Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale, va-t-il rester en place après le scandale de la « fraude » à 4,9 milliards d’euros ? La question a pris encore un peu plus d’ampleur sur les marchés tant le pouvoir politique semble considérer son sort « scellé », pour employer le mot de François Hollande, premier secrétaire du PS, hier.

L’attaque personnelle lancée par Nicolas Sarkozy lundi contre le patron de la banque – coupable, sans doute, de n’avoir averti l’Elysée que trois jours après la découverte du problème – pose ouvertement la question d’un renouvellement des instances dirigeantes de la Société Générale. Même si Christine Lagarde a rappelé hier quelques règles de droit privé. « Dans un moment difficile, les administrateurs sont là pour apprécier si la personne en place est la meilleure pour conduire le bateau quand il y a un peu de tangage, ou au contraire s’il faut changer de capitaine », a indiqué la ministre de l’Economie.

Pour un banquier concurrent, le fait que le PDG de la Société Générale et le DG délégué Philippe Citerne aient renoncé à tout salaire jusqu’à fin juin est un signe : « Daniel Bouton gérera la sortie de crise jusqu’à mi-2008, et le conseil d’administration pourrait alors lui désigner un successeur ». Mais qui pourrait prendre le relais en interne, alors que l’affaire éclabousse tous les dirigeants ? Philippe Citerne, qui fêtera ses 59 ans en avril, est souvent considéré comme un excellent numéro deux. Chez la génération des quadras, Jean-Pierre Mustier, le patron de la banque de financement et d’investissement, qui a vu sa démission refusée par Daniel Bouton, doit monter aujourd’hui en première ligne pour éteindre l’incendie, sans garantie de succès. Et la plupart des observateurs jugent que le moment n’est pas encore venu pour Frédéric Oudea, le directeur financier du groupe.

En cas de départ à court terme de Daniel Bouton, la Société Générale pourrait donc se trouver confrontée à un problème de succession en interne. Un rachat amical de la banque, dans le cadre d’une solution franco-française que le gouvernement semble désormais mettre en avant, aurait le mérite de résoudre immédiatement l’équation. Tout en contournant les querelles de chefs qui constituent l’un des premiers obstacles à ces rapprochements.

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