La prudence est de mise sur les marchés actions après le rebond
La saison de publication des résultats du troisième trimestre pour les entreprises américaines a constitué un moteur suffisant pour que les indices américains effacent le trou d’air de -8% connu entre mi-septembre et mi-octobre. Et ce en dépit du «jeu» désormais habituel des entreprises, qui consiste à ajuster les anticipations de bénéfices avant la publication, afin d’être en mesure de battre de quelques dixièmes de pourcentage le consensus. Cela s’est encore vérifié pour le trimestre écoulé: alors que plus de 75% des entreprises du S&P 500 annoncent avoir battu le consensus, ce chiffre tombe autour de 40% si l’on exclut les entreprises ayant battu les anticipations de moins de 5%.
Mais une fois la saison des résultats terminée, quel carburant pourront désormais trouver les actifs risqués pour poursuivre leur rebond dans les semaines à venir? Nous n’en voyons pas. En effet, nous estimons toujours que l’environnement de marchés pour les Etats-Unis et l’Europe n’est plus celui d’un bull market, en raison de l’arrêt du quantitative easing américain, même si la Fed continue de refinancer les obligations arrivant à échéance, et donc de jouer un rôle d’assurance contre une baisse d’envergure. Dans ces conditions, l’intensité des rebonds récents (+9,6% pour le S&P 500 et +8,6% pour l’Euro Stoxx) ainsi que leur durée, nous font anticiper un prochain repli d’au moins -5%, caractéristique des oscillations dans un environnement de wave market (tôle ondulée).
Au Japon, les Abenomics échouent et ne permettent pas de remettre l’économie sur le chemin d’une croissance qui s’autoalimente, comme l’a montré le chiffre du troisième trimestre paru ce lundi (-0,4%). De manière paradoxale, cela nous conforte dans notre perception d’un bull market pour le Nikkei. Pourquoi ? Car plus les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent, plus la banque centrale fait tourner la planche à billets, orchestre le maintien à un niveau faible des taux d’intérêt, et fait monter les prix des actions en orientant l’épargne privée japonaise vers les actifs risqués.
La mauvaise nouvelle, c’est que les gains sont, pour les investisseurs étrangers, en partie effacés par la chute de la monnaie engendrée par une telle politique. En dépit de cet environnement favorable aux actions à court terme, nous estimons toutefois que la hausse continue de +20,4% au cours des 23 derniers jours devrait provoquer une correction là aussi d’au moins -5% dans les jours à venir.
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