La promesse d’achat de dette de la BCE a fait ses preuves depuis un an
Après sa réunion aujourd’hui, la Banque centrale européenne (BCE) pourra fêter sereinement demain le premier anniversaire de son programme de rachat de dette souveraine à court terme (OMT). Sa simple annonce a donné lieu, sans que le dispositif ne soit jamais activé, à une amélioration sensible des conditions financières et économiques, même si la reprise reste très timide. «L’OMT a permis de remédier aux défauts de la transmission monétaire», assurait lundi, Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE. Et de souligner que le programme a «dissipé les craintes d’événements catastrophiques».
Pour preuve, les pays périphériques peuvent désormais se financer à des prix raisonnables. La BCE avait dévoilé le principe de possibles rachats de dette le 2 août 2012 avant que le fonctionnement de l’OMT ne soit détaillé le 6 septembre. Depuis, les rendements à 10 ans des taux souverains espagnols et italiens se sont détendus respectivement de 149 et 85 points de base pour atteindre 4,46% et 4,38%. Les credit default swaps (CDS) témoignent aussi du retour de la confiance dans la solvabilité des Etats périphériques. Alors qu’à l’été 2012 les marchés n’écartaient pas le scénario d’un éclatement de la zone euro, les primes d’assurance contre le défaut de l’Espagne et de l’Italie se sont détendues de respectivement 163 et 119 points de base en un an.
L’OMT a également permis une inflexion lente des taux de prêts accordés par les banques aux entreprises des Etats jugés les plus fragiles. Selon la BCE, les banques proposaient aux entreprises non financières espagnoles un taux de 5,46% pour des prêts de un à cinq ans jusqu’à 1 million d’euros, en juillet dernier. Ce taux était à 6,50% un an plus tôt. En Italie, le taux proposé est passé à 5,25% contre 6,25%. Au Portugal, la baisse est moins marquée, le taux pour ce type de prêt n’a décliné que de 6,86% à 6,56%. La fragmentation financière, tant déplorée par la BCE, est encore loin d’être un mauvais souvenir : les taux périphériques restent très au-dessus de ceux offerts en Allemagne ou encore en France à respectivement 3,26% et 3,57% en juillet.
Enfin, les principales banques accèdent aujourd’hui sans heurts aux marchés et sont d’autant moins sous pression que la fuite des dépôts a été endiguée. Ceux des résidents de la zone euro dans les établissements financiers des pays périphériques ont augmenté de 210 milliards d’euros depuis le mois d’août 2012.
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