«La progression des marges bénéficiaires nous semble limitée aux Etats-Unis»
Alain Zeitouni, directeur de la gestion chez Russell Investments France
Publié le
Yves-Marc Le Réour
L’Agefi : Pourquoi avez-vous choisi de sous-pondérer les actions dans votre allocation globale?
Alain Zeitouni : En réalité, nous sommes neutres sur les actions, mais nous intégrons dans nos portefeuilles diversifiés des stratégies de couverture sur ces marchés. Nous cherchons de cette façon à générer une certaine asymétrie pour capter la hausse des actions tout en les protégeant en cas de correction. En effet, il nous semble que les valorisations américaines sont désormais à leur juste niveau et que la progression des marges bénéficiaires est limitée pour les trimestres à venir. En outre, la Fed va devoir durcir le ton et amorcer une normalisation de sa politique ultra-accommodante. De surcroît, compte tenu des niveaux plancher actuels des indices de volatilité, couvrir ses portefeuilles contre une correction sur les marchés actions se fait à moindre coût.
Envisagez-vous d’accroître la part consacrée aux actifs alternatifs?
A. Z. : Depuis cinq ans, les marchés (actions et taux) n’ont connu qu’une orientation haussière. Cette progression a largement été entretenue par l’action des banquiers centraux qui ont injecté des liquidités inédites dans le marché, poussant les marchés boursiers à leur plus haut et les taux à des niveaux historiquement bas. Comme nous anticipons une remontée de la volatilité, la performance ne pourra plus uniquement provenir de la gestion directionnelle des portefeuilles mais devra s’accompagner de stratégies moins corrélées aux indices de marché –stratégies de valeur relative, stratégies d’arbitrage sur les marchés de taux ou actions– et nos portefeuilles devraient ainsi évoluer dans ce sens au cours des prochaines semaines.
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