La prime des nouvelles émissions par rapport au secondaire a presque disparu
Samir Bederr, gérant crédit chez La Banque Postale AM
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Violaine Le Gall
L’Agefi : Malgré la récente contraction des spreads, le crédit reste-t-il une classe d’actifs attractive ?
Samir Bederr : Le crédit catégorie investissement en euro affiche un rendement d’environ 15 % depuis le début de l’année. Ceci s’explique par le très fort resserrement des spreads de crédit depuis le mois de mars. Il paraît à présent difficile de réitérer une telle performance. Néanmoins, nous considérons que le crédit demeure une classe d’actifs attractive. Au niveau macroéconomique, une stabilisation voire une sortie de récession de l'économie mondiale semble se dessiner. D’autre part, les entreprises, industrielles ou financières, sont en bien meilleure posture financière aujourd’hui qu’elles ne l'étaient en début d’année. En effet, les corporates ont réussi à se refinancer auprès du marché, et les banques ont été recapitalisées par les Etats et abreuvées de liquidités par les banques centrales. Les entreprises représentent donc un profil financier moins risqué aujourd’hui qu’en janvier. Ceci a entrainé l’appétit d’investisseurs institutionnels ou privés qui ne semble pas se démentir pour l’instant, fournissant un support technique au crédit. Enfin, les rendements courants sur le crédit investment grade peuvent encore ressortir à 5-6 %, quand un placement monétaire rapporte au mieux 0,5 % et les obligations d’Etat à 5 ans environ 2,5 %.
Les émissions sont-elles encore intéressantes ?
Les nouvelles émissions sont à l’image du marché secondaire : beaucoup plus serrées, mais également moins nombreuses. Si les primes contre CDS demeurent, la prime par rapport aux obligations secondaires a presque disparu. Il faudra donc être plus sélectif que jamais.
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