«La prime d’émission par rapport au secondaire est en général nulle»
Samir Bederr, responsable de la gestion crédit et convertibles à la Banque Postale AM
Publié le
Solenn Poullennec
L’Agefi : Quel premier bilan faites-vous des conséquences des annonces de la BCE pour le crédit?
Samir Bederr : Ces annonces ont clairement provoqué un environnement favorable à la prise de risque sur le marché du crédit (risk on), tant high yield qu’investment grade. La BCE ayant donné la certitude de taux courts durablement très bas, les spreads des titres à moins de 2 ans sont ceux qui en ont le plus bénéficié. Les liquidités à investir de la part d’investisseurs finaux restent toujours aussi abondantes, ce qui a également contribué à un resserrement généralisé des spreads. De manière moins intuitive, les taux longs se sont également tassés dans la continuité des taux courts. Cette combinaison d’une forte demande, à l’approche de la trêve estivale, de taux longs proches des plus bas historiques et de spreads très serrés a conduit nombre d’entreprises à émettre. Ceci constitue une bonne nouvelle pour le crédit car la demande de papier est satisfaite, néanmoins avec cet inconvénient que la prime d’émission par rapport au secondaire est en générale nulle.
Quelles sont les perspectives pour les obligations bancaires d’ici à la fin de l’année?
Il faut distinguer d’une part les émissions seniors, qui vont bénéficier des mesures annoncées par la BCE, ce qui devrait contribuer à raréfier les nouvelles émissions et donc renchérir les spreads; d’autre part, la nouvelle règlementation Bâle 3 qui oblige les banques à émettre les nouveaux formats de dettes subordonnées, ce qui peut ponctuellement peser sur les volumes d’émissions et les valorisations. Néanmoins, à plus long terme, le besoin de rendement absolu devrait rendre ces titres subordonnés attractifs.
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