La pression s’accroît sur les finances publiques américaines
Eviter la récession : telle est désormais la préoccupation numéro un des responsables de la politique économique américaine. Jeudi 10 janvier, le président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke a ouvert la voie à une nouvelle baisse des taux directeurs évoquant la « nécessité d’une action substantielle pour soutenir la croissance ». Un constat qui dépasse le cadre de la politique monétaire. Il est partagé à la Maison Blanche et au Congrès, où les responsables des deux partis sont prêts à coopérer avec l’administration Bush pour élaborer dans les prochains jours des mesures de relance qui pourraient totaliser une centaine de milliards de dollars.
La marge de manœuvre apparaît toutefois étroite, car la pression s’accroît sur les finances publiques fédérales. Le déficit budgétaire a atteint 107 milliards de dollars au cours du dernier trimestre de l’année 2007, qui est également le premier de l’exercice fiscal 2008. Il a augmenté de plus de 25% en un an - les dépenses publiques ont grimpé de 9%, mais les recettes fiscales gagné 6% seulement. « Au cours du trimestre, les recettes fiscales en provenance des entreprises ont diminué de 5 milliards de dollars, soit 5%, » a indiqué le Congressional Budget Office. Pour Peter Orszag, le directeur du CBO, cette tendance devrait s’accentuer, et l’impact en sera d’autant plus perceptible que les recettes fiscales provenant des entreprises représentent désormais 2,7% du PIB, contre 1,2% en 2003.
L’équation se complique également du côté des dépenses. Jeudi dernier, l’agence de notation Moody’s a averti que le poids croissant et incompressible des dépenses liées aux programmes de santé publics et aux retraites (« social security ») menaçait à terme la notation AAA de la dette publique américaine, une notation que les Etats-Unis détiennent sans interruption depuis 1917. Même si elle pourrait ne pas changer avant dix ans, « La notation des Etats-Unis est le point d’ancrage du système financier mondial. Si elle est abaissée, nous avons un problème, » a souligné Steven Hess, analyste chez Moody’s.
La nécessité de mesures de relance semble toutefois faire l’unanimité. Martin Feldstein professeur d’économie à Harvard, Robert Rubin, ancien secrétaire au Trésor et dirigeant de Citigroup, sont favorables à des incitations fiscales. Les candidats à l’élection présidentielle rivalisent également de propositions, à base de baisse d’impôts pour les républicains, tandis que les démocrates Hillary Clinton et Barack Obama ont proposé respectivement 110 et 120 milliards de mesures de soutien à l’activité.
Plus d'articles du même thème
-
Le baril de pétrole s’approche de 95 dollars avec le nouveau blocus en mer Rouge
Aux tensions dans le détroit d’Ormuz s’ajoute maintenant le blocus maritime des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb situé à l’entrée de la mer Rouge. -
Milleis change de directeur général pour sa banque privée
Dans la foulée de son rachat par LCL, la banque privée acte le départ de Nicolas Hubert, en poste depuis près de huit ans. Il est remplacé par Julien Calvar, l'actuel directeur général délégué et directeur des opérations. -
Santander affiche un bénéfice net sous-jacent en hausse au deuxième trimestre
La banque a cependant enregistré des provisions en hausse et des charges de restructuration liées à TSB de 250 millions d’euros. -
Liontrust réduit nettement sa décollecte au deuxième trimestre 2026
La société de gestion britannique enchaîne un 18e trimestre de décollecte nette mais voit ses encours augmenter grâce à l'acquisition de River Global. -
La médiation nationale du crédit veut sortir de l'ombre
Le nombre de dossiers traités par la médiation nationale du crédit reste relativement faible, au regard du contexte économique et du nombre de défaillances d'entreprises. Preuve d'une méconnaissance encore de son rôle, quand de son côté, la médiation des entreprises voit son nombre de dossiers exploser. -
OPmobility confirme ses objectifs pour 2026, tout en surveillant la situation au Moyen-Orient
Malgré des tensions géopolitiques et un marché sous pression, le groupe affiche une rentabilité stable au premier semestre et poursuit sa dynamique de désendettement.
ETF à la Une
La Bourse de Londres lance une plateforme de négociation ouverte 24h sur 24
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
SéismeAu Japon, la popularité de Sanae Takaichi commence à sérieusement s'effriter
Les Japonais commencent à reprocher à la Première ministre d'avoir modifié ses priorités alors que l'inflation reste leur principale préoccupation -
Série d'étéMoi, Gabrielle Halpern, présidente : « Je ferais de la France la Nation des alliances »
SERIE. La philosophe spécialisée en sciences cognitives s'est glissée pour l'Opinion dans la peau du locataire de l'Elysée. Objectif : recréer des ponts entre les mondes -
6/28Un été d'essais politiques : 1965, Gaston Defferre, la fin des vieilles lunes
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés