La pression monte pour une intervention directe sur les obligations souveraines

Rome et Madrid prônent une mobilisation du FESF et du MES et une intervention directe de la BCE sur le marché secondaire de la dette souveraine
Patrick Aussannaire
La photo de famille du G20 à Los Cabos. Photo: ©Xinhua/ZUMA/REA
La photo de famille du G20 à Los Cabos. Photo: ©Xinhua/ZUMA/REA  - 

La crise européenne est dans tous les esprits. A la clôture cette nuit du septième sommet du G20 qui se tenait à Los Cabos au Mexique, le président américain Barack Obama a appelé les européens à «faire tomber la fièvre». Si le principe d’une intégration du secteur bancaire à l'échelle européenne a été évoqué afin de briser la boucle qui lie Etats souverains et banques, dont les recapitalisations pèsent davantage sur les déficits publics, l’Espagne et l’Italie souhaitent avant tout des mesures directes pour enrayer la hausse de leurs rendements.

Hier, le Trésor espagnol a placé des papiers à un an à des taux record de plus de 5%, et demain il doit émettre des bonos de maturités 2014, 2015 et 2017. Le rendement des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans se tendaient hier à respectivement 7,16% et 6,08%.

Rome a ainsi plaidé pour utiliser le FESF et le MES pour racheter des obligations souveraines sur le marché secondaire. «L’idée est de stabiliser les coûts d’emprunt, particulièrement pour les pays qui essaient de se conformer à leurs objectifs de réformes budgétaires, et ceci devrait clairement être séparé de toute idée de sauvetage» a ainsi indiqué le président du conseil Italien Mario Monti. Et le président français d’estimer que «l’Italie a lancé une idée qui mérite d’être étudiée».

De son côté, le ministre de l’économie espagnol, Cristobal Montoro, a estimé que le pays se trouvait dans une situation «critique» et a exhorté la BCE à faire renaître le programme SMP de rachats de dettes souveraines de ses cendres. De quoi nourrir le débat de la prochaine réunion prévue vendredi à Rome entre Paris, Berlin, Rome et Madrid. Mais «le fait de « roller » la crise de l’euro, en répondant à chaque choc asymétrique de manière spécifique, est de moins en moins efficace» prévient Natixis, Le bail-out espagnol n’ayant entraîné qu’une accalmie de quelques heures.

Finalement, les seules mesures concrètes du G20 sont venues des BRICS par le biais d’un renforcement de leur participation aux fonds de soutien du FMI. La Chine va ainsi mettre 43 milliards de dollars supplémentaires, alors que la Russie, l’Inde et le Brésil abonderont à hauteur de 10 milliards chacun et l’Afrique du Sud 2 milliards, soit un total de 75 milliards. Le Mexique devrait également renforcer de 10 milliard sa contribution, la Turquie de 5 milliards, la Colombie de 1,5 milliard, et la Malaisie, la Nouvelle Zélande, les Philippines et la Thaïlande d’un milliard chacun.

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