La première TLTRO de la BCE suscite peu d’attentes
L’heure de vérité approche pour la BCE. Ce jeudi, la Banque centrale européenne procédera à la première des deux injections ciblées de liquidité à long terme (TLTRO) prévues en 2014. Le mécanisme, dont les principes ont été dévoilés avant l’été, sera ensuite utilisé tous les trimestres jusqu’en juin 2016. Il en coûtera aux banques 10 points de base au-dessus du taux refi, soit 0,15% aujourd’hui.
En théorie, les banques de la zone euro pourraient emprunter jusqu’à 400 milliards d’euros en cumul lors des deux TLTRO du 18 septembre et du 11 décembre. Un montant qui correspond au maximum de 7% de leur stock de prêts, hors immobilier et souverains, à fin avril. Mais les acteurs du marché, qui avaient sous-estimé la demande des banques lors des LTRO à 3 ans de fin 2011 et début 2012, ne s’attendent pas à un tel appétit. Un sondage effectué par Reuters évoque un cumul de 275 milliards d’euros pour septembre et décembre.
Pour jeudi, les économistes de Citi ou de RBS tablent même sur une TLTRO de 100 milliards d’euros seulement. «En dessous de ce montant, note SG CIB, ce serait une déception», qui pourrait d’ailleurs nourrir les anticipations d’un assouplissement quantitatif en bonne et due forme. Plusieurs raisons pourraient inciter les banques à reporter leur demande sur la TLTRO de décembre: un éventuel effet stigmatisant, l’attente des détails des programmes de rachats de titrisation et de covered bonds de la BCE début octobre, et la publication des résultats de l’AQR le mois prochain. «Pour une banque, il y a un coût minime à attendre décembre pour consommer la totalité de son quota de TLTRO», souligne Harvinder Sian, stratégiste chez RBS.
Les tranches de septembre et décembre sont les deux premiers étages d’une fusée censée accroître la production nette de crédit en zone euro. Mais les liquidités injectées cette année s’annoncent inférieures aux tombées de LTRO qui attendent ces prochains mois les prêteurs espagnols, italiens et portugais. «Les fonds pourraient être utilisés majoritairement pour remplacer les LTRO arrivant à maturité en janvier et février», indiquait hier Fitch.
L’agence n’attend donc pas dans l’immédiat de ces mesures un redémarrage du crédit en Europe du Sud. RBS estime en outre que les liquidités pourraient être réinvesties à près de 20% en emprunts d’Etat domestiques, une proportion deux fois moindre que pour les LTRO, mais pas négligeable pour autant.
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