La première année d’existence de Natixis porte les stigmates de la crise
Le groupe a dévoilé des résultats annuels conformes à l’avertissement lancé mi-février et marqués par un recul de 48 % du bénéfice net, à 1,1 milliard d’euros
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Virginie Deneuville
Natixis avait tiré la sonnette d’alarme mi-février en annonçant d’importantes dépréciations sur ses comptes du dernier trimestre dans le sillage de la crise. Les résultats annuels dévoilés jeudi par la filiale des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, pour sa première année d’existence à la suite de la fusion, fin 2006, se révèlent en ligne avec cet avertissement. Sur la base d’un produit net bancaire en légère progression de 2 % sur 2007, le résultat net a accusé un recul de 48 % à 1,1 milliard d’euros, sous le coup d’une perte de 900 millions d’euros sur le seul quatrième trimestre.
Les dépréciations liées aux marchés subprime et aux rehausseurs de crédit ont atteint respectivement 949 et 409 millions d’euros. « L’exposition au risque semble maîtrisée et couverte de manière appropriée, exception faite peut-être des monolines pour lesquels les dépréciations représentent un tiers contre plus de 50 % chez BNP Paribas et Société Générale », relève le bureau d’études Credit Suisse. « A 1,35 milliard, les dépréciations se révèlent plus élevées que celles de 1,2 milliard précédemment indiquées, mais elles ont été compensées par de solides résultats dans la division capital-investissement et banque privée », note de son côté Bear Stearns.
Ce pôle a enregistré une croissance de 12 % du PNB, à 504 millions d’euros, contre des progressions de 14 %, 13 % et 9 % pour les divisions gestion d’actifs (1,7 milliard), services (1,3 milliard) et postes clients (916 millions). Hors BFI, dont les revenus ont chuté de 13 % à 3 milliards d’euros, « l’ensemble des métiers enregistrent une croissance robuste », s’est félicité Dominique Ferrero, directeur général, à l’occasion d’une conférence de presse.
En dépit des turbulences actuelles, Natixis a maintenu ses objectifs de rendement sur fonds propres (16 % contre 7 % en 2007) et de coefficient d’exploitation (60 % contre 70,7 % cette année hors effet des dépréciations) à horizon 2010. « L’hypothèse de crise avait été incorporée » dans ces prévisions, affirme Dominique Ferrero. Mais la tenue de ces objectifs devrait se faire par un ajustement des coûts dans un contexte de pression sur les revenus en 2008. L’état-major du groupe bancaire, qui a indiqué être « en avance sur le plan de marche en matière de synergies », a en effet annoncé de nouvelles prévisions d’économies, devant permettre de réduire à compter de 2008 la base de coûts de 5 à 10 % supplémentaires d’ici à 2010.
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