La Pologne profite des faibles rendements en euros pour refinancer sa dette

Varsovie a émis un milliard d’euros d’obligations à 12 ans à un taux de seulement 1,02%. Le pays a des échéances uniquement en dollars cette année.
Patrick Aussannaire

La Pologne a profité de l’effet du programme de rachat d’obligations de la BCE sur les rendements en euros pour émettre lundi un milliard d’euros à 12 ans en concédant un taux de 1,02%, soit un spread de 35 pb au-dessus du taux mid-swap. Le pays, noté «A2» par Moody’s, n’a pourtant aucune échéance en monnaie unique cette année, mais 1,83 milliard d’échéances cumulées en dollars.

«Nous avons décidé de revenir sur le marché en euro après plus d’un an de pause afin de profiter des taux d’intérêt historiquement bas», a expliqué le ministère des Finances dans son communiqué. A titre de comparaison, le rendement de son obligation en dollars d’échéance 2024 est de 2,72% et la dernière émission en euros à 12 ans de la Pologne en octobre 2012 était ressortie à un spread de 143 pb.

Avant l’opération, l’encours de dette du pays se composait de 29,9 milliards d’obligations libellées en euros et 14,5 milliards libellées en billet vert. Varsovie a émis 500 millions en francs suisses en septembre. La Pologne a déjà exécuté 47% de son programme de financement de l’année qui se montait à 154,8 milliards de zlotys (38 milliards d’euros) fin février. La devise polonaise a certes cédé 4,5% contre dollar depuis le début de l’année et 26% depuis juin 2014 mais s’est renforcée contre euro de 6% depuis fin décembre dernier. Début mars, la banque centrale est allée au-delà des attentes en baissant son principal taux directeur de 50 pb pour le ramener à un plus bas historique de 1,5%, mais a également précisé que cette décision mettait un terme à son cycle d’assouplissement monétaire.

«D’autres pays de la zone d’Europe centrale et de l’est pourraient également souhaiter suivre cet exemple en refinançant une partie de leur dette externe en euros», estime Michal Dybula, économiste chez BNP Paribas CIB. Certains ont déjà profité des taux historiquement bas pour venir sur le marché de la dette en euros le mois dernier sur des maturités longues. La Bulgarie, notée «BBB» par S&P et «Baa2» par Moody’s, a ainsi émis mi-mars un montant record pour la zone de 3,1 milliards d’euros en trois tranches à 7, 12 et 20 ans à des niveaux de spread de respectivement 180 pb, 210 pb et 245 pb contre taux mid-swap.

Un placement qui avait suivi de deux jours celui d’un milliard d’euros à 20 ans réalisé par la Slovénie, notée «A-» par S&P et «Baa3» par Moody’s, en concédant un spread de 72 pb.

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