La politique monétaire de la Chine refroidie par des tempêtes de neige exceptionnelles
Les tours de vis successifs entament le moral de l'épargnant moyen. Du coup, Pékin vient d’autoriser deux nouveaux fonds actions, après cinq mois de gel
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Olivier Sasportas, à Shanghai
Les intempéries qui continuent de sévir sur le Centre et le Sud de la Chine – avec des conséquences pour l’économie encore difficilement chiffrables – pourraient bien obliger le gouvernement chinois à assouplir sa politique de rigueur monétaire. Si combattre l’inflation demeure l’objectif numéro un de Pékin, les dernières semaines et leur lot de crises ont peut-être entamé la confiance des autorités dans leur capacité à ralentir l’économie en douceur.
D’abord la réaction des Bourses chinoises. Celles-ci ont très mal réagi au sérieux tour de vis décrété par la banque centrale à partir de novembre 2007. Début 2008, les quotas de prêts imposés aux banques et une nouvelle hausse du taux de réserve, la onzième consécutive, ont enfoncé le clou. Conséquence directe d’une vraie volonté politique de contrôle des flux de liquidités, la Bourse de Shanghai a perdu 16 % en janvier - un mois difficile pour les marchés actions mondiaux - impactant le quotidien des quelque 137 millions de détenteurs de comptes titres, dont 70 % sont des gens à moyens ou faibles revenus.
Ensuite la situation aux Etats-Unis. Si la crise des subprimes a permis aux institutions financières chinoises de prendre position outre-Atlantique, les signes de plus en plus pressants d’une récession américaine et un dollar qui ne cesse de se déprécier face au yuan inquiètent des exportateurs en proie au doute devant l’éventualité d’un ralentissement économique mondial.
En quelques semaines, à défaut de pouvoir se révéler immédiatement efficace, la nouvelle politique monétaire a réussi à générer un climat d’inquiétude là où la confiance en l’économie paraissait inébranlable. D’où la tentation du gouvernement de lâcher du lest, alors qu’en pleine période festive du nouvel an, la météo qui paralyse une partie du pays met en lumière la difficulté à gérer une situation de crise.
Dans cette optique, l’annonce faite lundi du feu vert pour la création de deux nouveaux fonds d’investissement en actions – le CCB Principal Asset Management et le China Southern Fund Management – après cinq mois d’un statu quo décrété pour calmer des marchés financiers euphoriques, apparaîtrait comme un premier signe officiel dans ce sens. Et le fait que la Bourse de Shanghai ait bondi le même jour de 8 %, confirmerait que les investisseurs l’attendaient avec impatience.
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