La politique de Londres donne des raisons d’espérer au marché immobilier britannique
L’arrivée des beaux jours est traditionnellement propice à une relative embellie du marché immobilier. Le printemps 2013 ne déroge pas à la règle outre-Manche, à en croire les récents sondages, sur fond du soutien déployé par les pouvoirs publics. Pour autant, l’horizon reste incertain, car, comme le souligne l’analyste du marché Miles Shipside chez Rightmove, le «vent frais de la récession» rôde encore.
Le principal site d’annonces au Royaume-Uni a fait état hier d’un quatrième mois consécutif de progression des prix demandés par les vendeurs, à 244.706 livres en moyenne (Rightmove assure avoir recensé 90% des annonces publiées entre le 10 mars et le 6 avril). Ce niveau de prix (+2,1% sur le mois, +6,9% en 2013) tutoie le plus haut historique observé en juin 2012, et le mois prochain devrait voir ce record battu, selon Miles Shipside. La semaine dernière, Halifax a misé sur la poursuite d’une hausse «modeste» des prix cette année tandis que la Royal Institution of Chartered Surveyors faisait état d’un regain de confiance de ses membres (l’indice du solde des observations d’évolution de prix sur trois mois passant de -7 à -1 point).
Selon la RICS, «il semble que les récents efforts du gouvernement visant à encourager les banques à offrir des crédits plus abordables commencent à porter leurs fruits». L’institution évoque particulièrement le plan Funding for Lending mis en œuvre l’an passé avec la Banque d’Angleterre, ainsi que les nouvelles incitations (surtout le plan Help to Buy) promises par le ministre des Finances George Osborne à l’occasion d’un discours sur le Budget le 20 mars. Le gouvernement a bien compris la nécessité de soutenir l’activité domestique pour écarter le spectre de la récession, selon un rapport publié hier par l’Item Club d’Ernst & Young.
Le volume de crédits hypothécaires est pourtant inférieur de moitié à celui d’avant la crise. Rightmove reconnaît également que l’offre reste timide, soutenant une hausse des prix en partie en trompe-l’œil. Le niveau d’activité continue donc de susciter des interrogations. Si selon la RICS le marché n’a pas été aussi actif au premier trimestre 2013 que depuis la même période en 2010, Nationwide alertait fin mars sur des perspectives «inhabituellement incertaines». Miles Shipside clame tout de même que «davantage d’agents immobiliers font part de davantage d’activité au sein de davantage de segments du marché».
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