La politique de baisse de taux au Brésil commence à porter ses fruits
Le Brésil poursuit sa course à la croissance. La banque centrale brésilienne a baissé son principal taux directeur à 10,50%, l’institution assouplissant ainsi sa politique monétaire pour la quatrième fois de suite dans l’espoir de protéger l’activité du pays de la crise de la dette européenne et du ralentissement économique mondial. Le comité de politique monétaire (Copom) a voté à l’unanimité la baisse du taux Selic de 50 points de base, le réduisant dans les mêmes proportions que lors de ses réunions d’août, d’octobre et de novembre. «Le comité de politique monétaire estime que pour atténuer au moment opportun les effets provenant d’un environnement global plus restrictif, un ajustement modéré des taux d’intérêt est en ligne avec la convergence de l’inflation vers son objectif en 2012» indique le communiqué.
Le PIB s’est contracté de 0,04% au troisième trimestre et les économistes anticipent une croissance de 3% sur l’ensemble de l’année 2011 et en 2012 après 7,5% en 2010. Selon l’enquête menée par la banque centrale, les économistes anticipent un taux Selic à 9,5% à la fin de l’année, même si le commentaire de la banque centrale semble indiquer un rythme de baisse plus soutenu. Les taux réels à 4% sont les plus élevés des pays du G20, laissant des marges de manœuvre à la banque centrale.
Cependant, les signes de reprise de l’activité se multiplient et les baisses de taux ont permis de voir un rebond spectaculaire de 26% sur l’indice Bovespa depuis son plus bas de deux ans atteint le 8 août dernier. Les ventes de détail ont progressé de 1,3% en novembre, le rythme le plus soutenu sur les 15 derniers mois. BDGP de Acucar, le plus important distributeur du pays, a rapporté une hausse de ses ventes de 8,5% au quatrième trimestre 2011 alors que celles de BR Malls Participacoes progressaient de 8,8%, indiquant un rebond de la consommation. Mais «le marché va recentrer ses inquiétudes vers les risques inflationnistes» prévient Gradual Investimentos. L’inflation pourrait atteindre 5,3% cette année après 6,5% en 2011.
C’est pourquoi le gouvernement a imposé des coupes de 50 milliards de reals sur le budget 2011 et en prévoit 70 milliards en 2012. Par ailleurs, la présidente Dilma Rousseff étudie des moyens d’enrayer l’appréciation du real, qui a gagné 5,4% depuis le début de l’année contre toute autre devise, afin de doper le commerce extérieur. Les baisses de taux directeurs devraient néanmoins limiter la hausse de la devise.
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