La polémique monte autour de la mesure de taxation des plus riches en France

Suite à la demande de nationalité belge formulée par Bernard Arnault, François Hollande a indiqué qu’il n’y aurait «pas d’exception» à la mesure
Patrick Aussannaire

La polémique enfle sur la taxation des hauts revenus en France. Ce week-end, le patron de LVMH, Bernard Arnault, opposé au projet gouvernemental de taxation des très hauts revenus et qui s’était exilé aux Etats-Unis en 1981, a confirmé avoir réclamé la nationalité belge. L’homme d’affaire, première fortune de France et d’Europe, a cependant tenu à assurer qu’il n’y a pas de raison fiscale à cette démarche, qui est plus à mettre sur le compte d’un projet d’investissement sensible, facilité par l’obtention de la nationalité, ainsi que sur la volonté de renforcer ses liens avec Albert Frère. «Je suis et je resterai fiscalement domicilié en France et à ce titre, je remplirai, comme tous les Français, l’ensemble de mes obligations fiscales», a-t-il d’ailleurs affirmé à l’AFP. Et d’ajouter que «notre pays doit compter sur la contribution de chacun pour faire face à une crise économique profondedans un cadre budgétaire particulièrement contraint».

Outre les nombreuses réactions politiques suscitées par cette annonce, le président François Hollande a mis en garde le patron de LVMH en indiquant hier soir sur TF1 qu’«il aurait dû bien mesurer ce que signifiait demander une autre nationalité parce qu’il faut être fier d'être Français». Et d’ajouter que «beaucoup de Français ont pensé qu’il abandonnait cette nationalité». François Hollande a en outre réaffirmé qu’il n’y aurait «pas d’exception» dans l’application de l’imposition à 75% pour «chaque rémunération supérieure à un million d’euros», appelant les personnes les plus aisés au «patriotisme dans l’effort de redressement» économique de la France.

S’il s’agit d’une mesure symbolique en matière fiscale puisqu’elle ne concernerait que «2.000 à 3.000 personnes» et limitée à deux ans, elle jette le trouble sur la stratégie du gouvernement. «La France n’est pas isolée du reste du monde et n’a pas d’autre choix que de rester compétitive… en termes de taxation» a ainsi indiqué Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric. Et d’avertir sur le fait que le pays «risque de perdre sa capacité à retenir ou attirer les entrepreneurs et son accès au capitaux». Arnaud Jamin, avocat fiscaliste chez Fidal Associés, estime d’ailleurs que «beaucoup de personnes sont déjà parties». La taxation à 75% serait un «signal supplémentaire à ceux qui on un certain niveau de fortune, des revenues substantiels et qui ont de plus en plus l’impression d’être considérés comme persécutés par l’administration» ajoute-t-il.

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