La perspective d’une hausse des taux en Grande-Bretagne semble s'éloigner
Le chef économiste de la Banque d’Angleterre (BoE) a déclaré que les taux pourraient rester bas plus longtemps qu’il ne l’attendait. Compte tenu de l’évolution des perspectives économiques, notamment en zone euro, plusieurs économistes ont repoussé leur prévision de resserrement de la politique monétaire.
«Je suis plus pessimiste (gloomier)», a déclaré Andy Haldane, membre du comité de politique monétaire de la BoE lors d’une intervention vendredi dernier. «Les taux d’intérêts pourraient certainement rester plus bas plus longtemps que je ne l’avais anticipé il y a trois mois sans mettre en danger la cible d’inflation». Et l'économiste d’expliquer que son pessimisme est dû «à un ralentissement de la croissance mondiale, à un renforcement des risques géopolitiques et financiers et à la faiblesse des pressions inflationnistes émanant des salaires sur le plan domestique et des prix des matières premières sur le plan extérieur».
Dans un contexte de marché agité, ces déclarations n’ont pas empêché le rendement des titres d’Etat britanniques à 5 et 10 ans, de se tendre vendredi de plus de 9 points de base, à respectivement 2,18% et 1,48%. La livre avait quant à elle tendance à se renforcer face à l’euro à 1,259 vendredi soir et face au dollar à 1,609.
La semaine dernière, plusieurs économistes ont revu leurs prévisions de hausse des taux, dont Brian Hilliard chez Société Générale CIB. Pour celui-ci, la hausse des taux ne devrait pas intervenir au premier trimestre de l’année prochaine mais au troisième. «Le marché est en train de devenir plus sensible en raison de préoccupations plus sérieuses sur les perspectives de croissance, particulièrement en Chine et dans la zone euro», écrit l’économiste. Il pointe aussi du doigt la faiblesse de l’inflation outre-Manche et les incertitudes politiques en Grande-Bretagne.
L’économiste de JPMorgan, Allan Monks, a lui aussi revu ses prévisions. A ses yeux, une hausse de 25 points de base (le taux directeur est à 0,50%) ne devrait intervenir qu’au second trimestre de l’année prochaine et non plus au premier. La tenue des élections britanniques au printemps ne devrait pas dissuader la Banque d’Angleterre de resserrer sa politique monétaire à ses yeux.
«Nous attendons toujours que la première hausse des taux intervienne en février», écrit l’économiste d’ING, James Knightley, «même si les risques d’un report après les élections d’avril augmentent, en raison de la faiblesse à l’extérieur et de la très faible inflation à court terme».
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