La part de l’euro s'érode dans les réserves de change internationales
L’euro n’a plus la cote. Les données des réserves de changes trimestrielles calculées par le FMI (Cofer) montrent ainsi que, après ajustement des variations de change, les banques centrales ont été vendeur net d’euros à hauteur de 40 milliards en équivalent dollars au cours du deuxième trimestre, après avoir été acheteur net à hauteur de 60 milliards sur les trois premiers mois de l’année.
Il s’agit des ventes nettes trimestrielles les plus importantes depuis le troisième trimestre 2012, et proviennent intégralement d’ajustements de portefeuille de la part des économies émergentes qui ont cédé 60 milliards d’équivalent dollars. Les gestionnaires de change des pays développés ont en revanche été acheteurs nets d’euros à hauteur de 10 milliards d’équivalent dollars.
«Cela intervient durant une période où les risques relatifs à une résurgence de crise de la dette en zone euro ont reculé. Les pays émergents ont activement choisi de vendre et réduire leurs positions en euros, du fait de la faiblesse des perspectives économiques au sein de la zone et de la divergence qui s’est accrue avec les autres économies», explique Citigroup. La part de détention globale de monnaie unique dans les réserves de change internationales s’est ainsi érodée de 25,4% fin mars à 23,8% fin juin pour revenir sur ses niveaux de début 2013, au moment où la crise de la dette en zone euro n’était pas encore intense. Dans le même temps, elle s’est par ailleurs maintenue à 24,5% au sein des portefeuilles des institutions des pays développés.
Or, le deuxième trimestre correspondait à la période durant laquelle la BCE a officialisé son premier train de mesures d’assouplissement, dont la baisse du taux de dépôt en territoire négatif qui pénalise les investisseurs détenant des dépôts importants en euros. «La récente dépréciation de l’euro suggère que la diversification des réserves de change des banques centrales en défaveur de l’euro pourrait s’être accélérée au cours du troisième trimestre», notamment avec la nouvelle baisse du taux de dépôt à -0,20% décidée en septembre par la BCE, ajoute Citigroup.
Si l’euro n’a reculé que de 0,6% au cours du deuxième trimestre contre dollar, sa chute a atteint 8,4% entre fin juin et fin septembre. Elle a néanmoins été moins marquée contre le yen et la livre sterling, à respectivements 0,2% et 2,7%.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
- Les zinzins de l'espace sont prêts pour le décollage boursier de SpaceX
- La frontière entre actifs cotés et non cotés s'estompe dans les allocations institutionnelles
- Des investisseurs institutionnels interpellent les chefs d'Etat sur le marché européen du carbone
- Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Surprise gâchéeDrogue : après le choc de la circulaire Lecornu, le gouvernement en quête... d'auto-tests
Le processus de dépistage de produits stupéfiants annoncé par le Premier ministre mardi soir connaît encore des balbutiements. -
Anniver-cherLa loi de financement de la Sécu a 30 ans… Et cherche toujours l’équilibre
Le dernier texte voté par les parlementaires actant un excédent des comptes sociaux remonte à 2001. Sans redressement notable, le déficit devrait continuer de s'aggraver ces prochaines années -
EditoCanicules : l'immobilisme ne rafraîchit pas
La France a (trop) chaud, alors la France s'arrête. Est-ce vraiment durable ?