La nouvelle politique d’investissement japonaise profite aux actifs européens
Le regain d’intérêt des investisseurs japonais pour les actifs européens devrait nourrir les discussions des Rencontres Financières de Paris Europlace qui se tiennent aujourd’hui à Tokyo. La hausse de la taille des rachats d’actifs de la BoJ accompagnée d’une modification significative de la politique d’allocation d’actifs du fonds de pension public (GPIF) en faveur des actifs plus risqués locaux et étrangers, ainsi que la perspective de voir la BCE étendre son programme d’achat d’actifs, remet l’Europe au centre des stratégies d’investissements internationaux.
Ce sont en premier lieu les obligations d’Etat françaises qui sont recherchées par les investisseurs nippons, notamment institutionnels. «La France est un pays cœur de la zone euro qui offre un rendement plus attractif que l’Allemagne», résume Amundi. Le spread entre les rendements de l’OAT et du Bund était de 33 pb hier. Or, le Japon regorge de liquidités à la recherche de rendements attractifs, avec un bassin d’épargne détenue en cash par les ménages de 53% des dépôts (environ 6.000 milliards d’euros), contre environ 30% en Europe et 13% aux Etats-Unis.
«Depuis plus d’un an, les institutions financières japonaises développent un programme d’investissements en obligations d’entreprises européennes, pour le moment très majoritairement concentré sur le segment investment grade (IG)», indique Nicolas Sauvage, directeur général d’Amundi Japon. Et de préciser qu’«elles s’interrogent encore sur l’opportunité de se tourner vers le high yield, plus exposé aux risques d’un ralentissement possible de la croissance en Europe». Un pas en faveur du segment high yield européen qu’ont déjà franchi les investisseurs particuliers nippons à la recherche de rendements.
Si le marché obligataire européen bénéficie de la promesse de taux durablement bas en Europe, renouvelée par la BCE alors que la Fed devrait commencer à remonter ses taux directeurs au cours de l’année prochaine, «les investissements nippons en actions européennes restent relativement faibles que ce soit de la part des investisseurs institutionnels ou particuliers», indique Nicolas Sauvage. L’indice Euro Stoxx offre une performance limitée de 3,6% depuis le début de l’année sur fond de faiblesse de la croissance européenne. Dans le même temps, l’indice Nikkei japonais progresse de 6,5% et le S&P 500 américain de 11,6%.
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