La nouvelle donne pétrolière commence à peser sur le schiste américain
Le marché du pétrole a terminé la semaine sur l’une de ses plus fortes hausses hebdomadaires depuis 2011. Le prix du baril de brut américain WTI, qui avait clôturé à 51,64 dollars le 10 avril, a pris jusqu’à 4,5 dollars durant la semaine. Le détonateur a été la publication, le 13 avril, par l’Energy Information Agency (EIA), l’agence de l’énergie aux Etats-Unis, de prévisions laissant entrevoir un recul de la production américaine des pétroles de schiste dans les prochains mois.
L’exploitation de gisements de schiste devrait décliner en mai pour la première fois depuis que l’EIA publie ses estimations mensuelles depuis 2013. Ce sera en particulier le cas dans les champs de Bakken, à la frontière du Canada, et d’Eagle Ford, au Texas.
La hausse de la production américaine ces dernières années, grâce au boom du pétrole de schiste, a largement contribué au déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché. Une nouvelle donne qui a entraîné une division par deux du prix du baril entre août 2014 et janvier 2015, avec même un point bas à 43 dollars. La correction brutale, que l’Opep a laissé faire sans réagir pour mettre la pression sur les producteurs américains, rend désormais l’exploitation de certains gisements non rentables aux Etats-Unis à ces niveaux de prix. «Nous estimons que 40% des investissements actuels de l’industrie et des projets en cours ne font pas de sens économique en dessous d’un niveau de 75 dollars le baril», indiquaient les analystes actions de Citigroup dans une étude publiée le 14 avril.
L’ensemble de la production de pétrole, y compris gisements traditionnels, et gaz aux Etats-Unis, est déjà en recul depuis plusieurs mois, souligne Deutsche Bank. Les économistes de la banque relèvent qu’il existe en général un décalage de cinq mois entre la baisse des prix et sa traduction sur la production d’énergie.
«S’il s’avère que les prix du pétrole ont touché leur point bas le mois dernier, la production devrait se stabiliser aux alentours de septembre. D’ici là, la production et les dépenses d’investissement devraient rester très faibles», note Joseph LaVorgna, chef économiste US de Deutsche Bank.
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