La nouvelle demande d’aide de la Grèce laisse les Européens sceptiques
La nuit dernière, les Européens ont officiellement coupé les vannes de l’aide à la Grèce. Les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté toute extension du programme d’aide qui arrivait à expiration à minuit, ainsi que tout allègement de la dette. De ce fait, la dernière tranche d’aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF), d’un montant de 1,8 milliard d’euros n’est plus disponible, et les 10,9 milliards d’euros d’obligations du FESF garantissant le coût potentiel de la recapitalisation des banques ont été annulées.
Un accord de dernière minute n’a pas pu être trouvé malgré la tentative surprise d’Athènes. En milieu d’après-midi, le Premier ministre Alexis Tsipras a envoyé au Mécanisme européen de stabilité (MES) la demande d’un troisième plan d’aide de 29,1 milliards d’euros d’une durée de deux ans. Dans la foulée, les ministres des Finances de la zone euro ont tenu une téléconférence. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, semblait très optimiste, évoquant des «événements importants» en cours.
Selon le Financial Times, l’Eurogroupe aurait toutefois accueilli «froidement» cette proposition. Les ministres ont convenu de s’entrenir à nouveau aujourd’hui à 11h30, avec l’assurance de la part de la Grèce d’obtenir davantage d'éléments sur de nouvelles pistes de réformes. Selon le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, Athènes pourrait suspendre le référendum prévu le 5 juillet ou demander au peuple de voter «oui» au lieu de «non» si un accord qui lui est acceptable est conclu.
L’Eurogroupe est toutefois divisé sur la conduite à tenir face à ce qui peut être interprété comme une énième manoeuvre de la part d’Alexis Tsipras. La chancelière allemande Angela Merkel a refusé catégoriquement mardi d’entamer de nouvelles négociations avec la Grèce avant la tenue du référendum. Sur son compte Twitter, le ministre finlandais des Finances Alexander Stubb, a rappelé qu’une demande faite au MES «est toujours traitée selon les procédures normales». Autrement dit, rien ne presse.
D’autres sources de l’Union européenne adoptent une approche plus conciliante. L’une d’entre elles citée par Reuters soulignait hier soir que les ministres avaient noté qu’Athènes avait proposé un «nouveau plan de mesures [...] plus proche des demandes des institutions». Les agences, de leur côté, veillent au grain. Fitch a dégradé la note de la Grèce d’un cran, de «CCC» à «CC», jugeant désormais «probable» un défaut de la dette de l’Etat détenue par les créanciers privés.
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