La nationalisation de Repsol YPF isole un peu plus l'économie argentine

Le marché s’est tendu depuis l’annonce du décret d’expropriation de Repsol. Les investisseurs étaient déjà très prudents sur l’Argentine
Violaine Le Gall

Le marché de la dette souveraine argentine a mal réagi à l’annonce de la nationalisation de Repsol YPF par le gouvernement. Le rendement des emprunts d’Etat en dollar est en hausse à 11,93 %. La dette argentine traite ainsi au-dessus de celle du Venezuela alors que c'était l’inverse en octobre 2011, avant la réélection de Cristina Kirchner à la présidence du pays. Mais le pays n'étant plus actif sur le marché obligataire depuis 2007, l’impact en termes de financement sera limité.

Le contrat de protection contre le risque de défaut de l’Argentine à cinq ans traitait à 952 points de base (pb) lundi. Le fournisseur de données sur les CDS, CMA, considère l’Argentine comme le quatrième crédit souverain le plus risqué dans le monde, d’après son rapport trimestriel. La nationalisation de Repsol YPF «souligne l’environnement économique défavorable en Argentine, caractérisé par une intervention accrue du gouvernement et une incertitude réglementaire dans le pays», analyse l’agence de notation Fitch.

«A court terme, la nationalisation devrait avoir peu d’impact sur l'économie et le marché obligataire argentin», relativise Valérie Perracino, économiste chez BNP Paribas. La décision était anticipée. Ensuite, compte tenu des contrôles de capitaux mis en place, elle ne devrait pas se traduire par des sorties de capitaux aussi importantes que celles que l’on l’avait observé après la nationalisation des fonds de pension en 2008. «Enfin, poursuit l'économiste, la baisse des investissements devrait être limitée puisque les investisseurs étrangers sont déjà peu présents dans le pays depuis le défaut de 2001, en raison des mesures prises par le gouvernement comme le contrôle des prix et des changes. Mais à long terme, la nationalisation renforcera l’isolement économique du pays».

Sur ce point, les réactions de la communauté internationale pourraient toutefois accélérer le mouvement. «Nous espérons que l’Argentine respectera ses engagements internationaux en matière de protection des investissements étrangers sur son sol», a indiqué hier Olivier Bailly, un porte-parole de la Commission européenne qui a apporté son soutien à l’Espagne. En signe de protestation, Bruxelles a reporté une réunion prévue avec l’Argentine les 19 et 20 avril. «L’expropriation qui est envisagée est illégale si elle a lieu sans compensation adaptée et rapide», a précisé Pia Ahrenkilde Hansen, porte-parole à Bruxelles.

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