La mutation des collectivités locales chinoises prend forme
La hausse de l’endettement local a ralenti à 3,8%, alors que la province de Guangdong a réalisé la première émission locale à un taux de 3,84%
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Patrick Aussannaire
Les collectivités locales chinoises subissent un lifting. Le bureau national de l’audit (NAO) a fait état d’un net ralentissement de la hausse de l’endettement dans neuf provinces et villes du pays sur les neuf mois achevés fin mars à un rythme de 3,79%, contre 11% mi-2013. «La décélération du rythme d’accumulation de dette est un succès important et réduit le risque financier du pays. Elle démontre que la Chine a sacrifié ses objectifs de croissance de court terme en faveur de la stabilité de long terme, tout en conservant un rythme de hausse du PIB de 7,4% au premier trimestre», estime CA CIB. Le Premier ministre a indiqué pour la première fois que l’Etat «peut garantir que la croissance ne chutera pas sous les 7,5%», son objectif annuel.
Parallèlement, le ministre des Finances, Lou Jiwei, a indiqué sa volonté de mettre un terme «définitif» aux emprunts illégaux. Or, quatre villes ont été épinglées par la NAO pour avoir levé 15,7 milliards de yuans (185 millions d’euros) en utilisant des garanties illégales de l’Etat. De son côté, le gouverneur adjoint de la PBOC, Liu Shiyu, a ajouté que l’autorité se concentrera sur l’évolution du shadow banking et du marché immobilier, dont les prix pourraient chuter de 15% en 2015 dans les villes de premier rang, selon l’IFM, un institut chinois. Les collectivités auditées ont eu recours à des emprunts de 57,9 milliards pour rembourser leur dette arrivant à maturité.
Pour freiner les risques, la province de Guangdong a inauguré le programme pilote ouvrant le marché primaire aux collectivités, en émettant 14,8 milliards de titres à 5 ans. Des «émissions qui ne sont pas créatrices de monnaie, contrairement aux prêts bancaires», précise Bei Xu, économiste chez Natixis. Pourtant, le taux concédé de 3,84%, inférieur aux 3,99% payés en mai par l’Etat pour le compte des collectivités, jette un voile sur la capacité du marché à estimer leur risque réel. Si Guangdong est notée AAA, «le vrai frein à un tel développement est le pricing qui nécessite davantage d’informations sur les comptes des administrations», selon Bei Xu.
Beijing Infrastructure Investment, un véhicule de financement des collectivités (LGFV) qui finance la construction du métro à Pékin, a émis 1,2 milliard de titres à 3 ans à Hong Kong à 3,75%, en ligne avec le taux Etat à 3 ans coté à Shanghai de 3,68%. Or, les LGFV détiennent 214 milliards de yuans de titres arrivant à maturité à refinancer.
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