La montée du dollar n’alerte pas encore les autorités américaines

Le département du Trésor américain ne semble néanmoins pas souhaiter voir le yen se déprécier davantage, et a pointé la Corée du Sud.
Patrick Aussannaire

Les Etats-Unis semblent accepter une montée contrôlée du dollar. Dans son rapport semestriel sur les changes, le département du Trésor américain estime que si le taux de change effectif réel du billet vert s’est apprécié de 11,4% entre fin juin 2014 et fin mars 2015, notamment contre euro, livre sterling, dollar canadien, yen et de nombreuses devises émergentes, son niveau global pondéré des échanges reste «bien inférieur à ses plus hauts niveaux atteints au début des années 2000».

Après avoir légèrement reflué depuis mi-mars, le dollar est reparti à la hausse la semaine dernière contre toutes devises, et a notamment gagné 3,2% contre euro pour revenir à 1,06 et 1,1% contre yen à 120,3. L’indice dollar DXY contre un panier de devises est toujours inférieur de 22% à ses plus hauts de juillet 2001.

Concernant le yen, le rapport fait état de sa stabilisation contre dollar autour de 120, ses plus bas depuis 2007, et rappelle que mi-2014, le FMI avait estimé son niveau conforme aux fondamentaux de l’économie nipponne. Or, il s’est déprécié de 9% depuis. «Les Etats-Unis n’accepteront une dépréciation du yen au-delà de 120 que si le gouvernement japonais met en place un plan de relance budgétaire plus important et/ou accélère les réformes structurelles pour stimuler la demande intérieure», estime Citigroup. Le yen reste supérieur de 12% à ses plus bas de 2002, et Citigroup note une inflexion du discours de Tokyo «abandonnant les efforts passés pour affaiblir le yen» du fait de ses effets sur le prix des importations et dans le but de conserver ses relations commerciales avec les Etats-Unis.

Le Trésor américain se montre plus complaisant avec l’euro qui s’est déprécié de 13,2% contre dollar au second semestre 2014 et de 10% supplémentaires au premier trimestre 2015, mais dans une proportion nettement moins importante en termes réels du fait de la dépréciation de nombreuses autres devises contre dollar. Et de mettre en avant la dépendance de la zone euro à la demande extérieure.

Il s’est montré plus sévère avec la Corée du Sud en montrant du doigt ses interventions répétées sur le marché des changes pour soutenir le won notamment face à la chute du yen, malgré un excédent extérieur important. Un élément qui «montre l’inquiétude grandissante des autorités et des entreprises américaines face à la hausse du dollar et la faiblesse du yen et du won», estime Citigroup.

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