«La mise en place d’AIFM s’avère d’ores et déjà très compliquée»
-L’Agefi: Quels sont les problèmes rencontrés par les gérants alternatifs (AIFM) dans la mise en place de la directive du même nom ?
-David Koestner : Parmi les premières difficultés rencontrées par les gérants de FIA (fonds d’investissement alternatifs), il y a notamment la rémunération des équipes. La directive prévoit que les personnes qui ont une influence sur le profil de risques des FIA gérés doivent recevoir une partie de leur rémunération variable (40% à 60%) de manière différée dans le temps (sous 3 à 5 ans) et sous forme de parts de fonds gérés ou d’équivalents. Les AIFM travaillent aujourd’hui sur le ciblage des personnes soumises à ces contraintes, et éprouvent également des difficultés à appliquer ce dispositif aux professionnels de sociétés qui agissent en délégation de gestion sur un FIA mais ne sont pas soumises à la directive, par exemple des gérants nord-américains comme c’est souvent le cas en gestion alternative.
-L’idée n’était-elle justement pas de recentrer la gestion sur des AIFM européens ?
-Non, l’objectif principal était bien de limiter la prise de risque excessive, pas de se priver de gérants qui sont parfois indispensables au bon fonctionnement des fonds alternatifs. La Financial Conduct Authority (FCA) britannique semble accepter un seuil fixé à 500.000 livres par an de rémunération totale au-dessous duquel les salariés ne sont pas soumis à ces obligations. Reste à savoir ce que vont tolérer d’autres régulateurs.
-L’autre problème semble concerner le reporting aux régulateurs…
-Oui, cette partie du texte est au centre d’AIFM et pose encore beaucoup de questions quant à sa compréhension et à son application. C’est le cas pour l’information liée à la réutilisation du collatéral par les contreparties, une donnée généralement non disponible. Par ailleurs, les gérants s’interrogent toujours sur les modalités de collecte des données (comptabilité, front-office, middle-office…), ainsi que sur les modalités de production des premiers reportings, pour une échéance prévue en septembre 2014. Ce qui est matériellement faisable pour le gérant de 2 ou 3 véhicules semble très complexe pour des sociétés qui vont devoir «industrialiser» le processus de collecte de données et de production des rapports pour plusieurs dizaines de véhicules. D’autant que la plupart ne se voient pas externaliser ces fonctions pour des questions de fiabilité, indispensable avant de reporter au régulateur, dans un premier temps au moins.
{"title":"","image":"80399»,"legend":"David Koestner»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Generali suit son chemin sans se laisser distraire
L’effervescence du secteur bancaire italien alimenté par de putatifs projets de consolidation ne perturbe pas le premier assureur du pays qui ne dévie pas d’un pouce de sa trajectoire stratégique. Cette posture profite plutôt à Generali qui présente de solides résultats au premier semestre. -
L’hémorragie se poursuit sur le secteur des semi-conducteurs
Après la correction de juillet, les valeurs de semi-conducteurs peinent à rebondir face aux attentes hors normes des investisseurs. -
L’optimisme accru de Siemens laisse les investisseurs sur leur faim
La moindre croissance relative des automatismes et logiciels industriels du groupe allemand a éclipsé le relèvement de sa prévision de bénéfice par action pour l’exercice en cours. -
L’émission obligataire d’AT&T reflète une approche plus prudente des investisseurs
Le géant américain des télécoms a réalisé fin juillet une émission obligataire jumbo en cinq tranches, en euro et en livre sterling, rare en cette période estivale. Mais après un mois de juillet chahuté, les investisseurs réclament plus de prime et préfèrent des durations courtes. -
Triodos IM nomme un nouveau directeur de la division actions et obligations à impact
Avec le départ à la retraite de William de Vries, le gestionnaire d’actifs néerlandais a décidé de nommer Jorik van den Bos pour le remplacer. -
Diageo se met au régime sec pour ressourcer sa croissance
Englué depuis des années, le géant britannique des spiritueux adopte un plan d’économies d’un milliard de dollars. Pour mieux réinvestir et se réinventer.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Gestion d'actifs : le bilan de juillet 2026
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Allianz valorise Pimco au moins 31,8 milliards d’euros en rachetant ses actionnaires minoritaires
- Blue Owl porte ses encours à 319 milliards de dollars
- Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
Contenu de nos partenaires
-
« Ils parlent à leur cœur de cible » : LFI et Renaissance s’essaient au cahier de vacances politique
Après Boris Vallaud l’an dernier, Gabriel Attal et LFI vendent leur cahier de vacances. Efficace pour occuper leurs militants l’été… moins pour en attirer de nouveaux. -
MAGAgeddon« America First » mais sans Trump : Tucker Carlson mène la fronde pour 2028
Quatre anciens piliers du mouvement MAGA ont jeté les bases d'un nouveau mouvement visant à désavouer le président et à barrer la route à J.D. Vance -
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre