La microéconomie devrait souffler le froid sur les marchés actions européens
Après avoir été focalisés sur l’évolution de la crise des dettes souveraines au cours du second trimestre, les investisseurs vont désormais se concentrer sur la saison de publication de résultats qui débute cette semaine. Et le défi est de taille: par le passé, les analystes financiers ont toujours eu du mal à intégrer les effets d’un retournement économique entraînant une récession.
Pour preuve, l’écart entre leurs anticipations de début d’année et les résultats effectivement publiés par les entreprises européennes avait atteint 31% dans les années 2001-2002 et même 37% dans les années 2008-2009… Il est donc peu de dire que l’acuité des analystes s’effondre en cas de récession.
Or, il devient de plus en plus évident au regard des indicateurs de conjoncture que la crise européenne, à l’origine financière, se transforme désormais en crise économique. Comme par le passé, les analystes financiers semblent à nouveau en retard pour prendre en compte cette nouvelle donne : ils attendent toujours une progression des profits 2012 des entreprises de la zone euro de +6,6%, ainsi qu’une expansion des marges, de plus en plus illusoire, pour près de la moitié d’entre elles.
Rappelons qu’historiquement, une récession, même légère, engendre en moyenne une baisse des profits d’au moins 10%. Il reste donc du chemin à parcourir. Le cycle de révisions baissières, certes déjà entamé (-8,8% ont déjà été réalisés depuis le début de l’année), devrait donc durer, faisant ainsi disparaître pour la première fois depuis de nombreux trimestres le soutien des marchés que constituait la bonne résistance de la microéconomie.
C’est ce que confirme notre ratio du nombre de révisions à la hausse sur le nombre de révisions à la baisse pour les profits 2012, qui recule désormais sensiblement (cf. graphique) et dont la pente est particulièrement bien corrélée avec l’évolution des marchés actions.
En conséquence, en dépit des progrès constatés sur le front des dettes souveraines européennes, la généralisation en cours du ralentissement aux Etats-Unis et dans les pays émergents ainsi que la faiblesse de la microéconomie rendent très peu probable une sortie par le haut des indices européens dans les semaines à venir.
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