La marche vers l’internationalisation du yuan menace l’hégémonie de Swift

La Chine devrait lancer dès la fin de l’année son propre système de règlements des échanges internationaux (CIPS) qui intéresse déjà la Russie.
Patrick Aussannaire

En instaurant prochainement son propre système de règlements des échanges internationaux («China International Payment System», CIPS), la Chine menace l’hégémonie de Swift. Il s’agit d’abord pour la Chine de promouvoir l’internationalisation du renminbi (RMB) qui fait partie de ses ambitions de longue date, les paiements en devise chinoise représentant fin 2014 2,2% des paiements internationaux, contre 0,6% fin 2013.

Reuters indique que le CIPS serait désormais prêt et que la phase de test va être lancée pour un démarrage officiel prévu au cours du dernier trimestre de l’année. Vingt banques auraient ainsi déjà été sélectionnées, dont treize chinoises et sept autres étant des filiales de banques étrangères en Chine.

Avant même son lancement, la Russie, menacée d’être bannie du système Swift et de l’accès aux financements internationaux dans le cadre du conflit avec l’Ukraine, se positionne déjà pour utiliser le système chinois. «Nous allons certainement travailler étroitement avec nos collègues chinois pour développer un système alternatif», a indiqué à Bloomberg le patron de VTB, Andrey Kostin. Si Swift a assuré qu’il n’a pas l’intention de sortir le pays de son système malgré les pressions américaines et britanniques, la banque centrale russe a pris les devants en démarrant depuis novembre des tests pour lancer une plate-forme alternative dès mai visant à assurer la continuité et la sécurité dans l’envoi de ses messages à caractère financier.

Le cas russe reste pour le moment isolé et le CIPS est loin de rivaliser dans sa forme actuelle avec les 6.000 milliards de dollars d’ordres de paiement qui transitent quotidiennement dans 209 pays par l’intermédiaire de plus de 9.000 banques sous le système Swift. Le dollar représente toujours plus de 40% des transactions internationales, l’euro près de 30% et la livre sterling près de 10%.

Mais la participation d’autres pays émergents au CIPS ou à un autre système alternatif à Swift, similaire à l’initiative d’une banque de développement commune, pourrait accroître le poids international du RMB. Pour illustrer les ambitions de Pékin pour sa devise, le vice-gouverneur de la PBOC, Yi Gang, a indiqué discuter «de façon active avec nos collègues du FMI» pour que le RMB intègre «dans un avenir prochain» les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI. Le prérequis est néanmoins une convertibilité complète de la devise.

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