La lutte contre le franc fort fait gonfler le bilan de la BNS
La Banque nationale suisse (BNS) a vu le total de son bilan gonfler au cours du premier semestre en raison de sa lutte contre le franc fort. A fin juin, il se chiffrait à 439,4 milliards de francs (365,4 milliards d’euros) soit 89 milliards de plus sur un an, selon les statistiques publiées hier par la BNS dans son rapport intermédiaire trimestriel. Cela s’explique par l'évolution de ses placements en devises qui ont augmenté de près de 42% pour atteindre 365,1 milliards de francs à fin juin.
Mais la Banque centrale a eu du mal à mener à bien sa politique d’investissement diversifié en devises, et a vu son exposition à l’euro augmenter. La mise en place en septembre 2011 d’un niveau plancher de 1,20 franc suisse pour un euro a en effet conduit la BNS à augmenter ses réserves en euros ce qui constitue aujourd’hui un lourd handicap au vu de la fragilisation de la monnaie européenne et des incertitudes entourant son avenir.
A la fin du deuxième trimestre, 60% des réserves étaient constituées en euros contre 51% à fin mars. «La Banque nationale suisse a seulement été capable de diversifier pour 15% des euros achetés au cours du deuxième trimestre», soulignent les analystes de Citi. Selon eux, cette situation est comparable à celles des gestionnaires de devises asiatiques qui ont aussi rencontré de grandes difficultés dans l’application de leur politique de diversification monétaire. La BoJ (Bank of Japan) a elle aussi dû intervenir sur le marché des devises à plusieurs reprises pour enrayer l’appréciation de sa devise.
«La Banque nationale suisse n’a pas été capable de diversifier une large portion de ses réserves en euros ce qui signifie que les investisseurs pourraient considérer qu’il y a un risque de pertes potentielles considérables pour l’avenir», ajoute Citi. Les analystes estiment ainsi que les autorités suisses doivent accélérer leur politique de rachat de devises étrangères. La BNS dispose de marges de manœuvre pour investir contre euro dans d’autres devises comme le yen, la livre britannique, le dollar canadien, le dollar australien, les couronnes danoise et suédoise, le dollar singapourien, ou encore la monnaie sud-coréenne. «Même si les opérations se font dans de petits volumes, cela pourrait avoir un impact important vu la faible liquidité de ces différents marchés», considère Citi.
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