«La LTRO à 3 ans est un soutien structurel fort aux spreads bancaires»
Samir Bederr, gérant analyste à La Banque Postale Asset Management
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Solenn Poullennec
L’Agefi : La réouverture du marché primaire de la dette senior bancaire non sécurisée va-t-elle abaisser les tensions sur les spreads des financières ?
Samir Bederr : La réouverture de ce marché ne s’est faite qu’avec des émetteurs issus de l’Europe du Nord, et parmi les plus solides: ils ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble du système bancaire européen, et ces émissions sont quasiment un épiphénomène. L’événement qui a réellement marqué le début de la détente très sensible que nous connaissons sur les spreads bancaires est l’opération de refinancement quasiment illimité à trois ans (LTRO) opérée par la BCE. A lui seul, ce système assure le financement des banques de la zone euro pendant 12 à 18 mois environ. Combiné à la réduction du bilan des banques, cela implique un flux net d’émissions seniors non sécurisées d’environ -150-200 milliards d’euros pour 2012. La LTRO s’apparente en réalité à un assouplissement quantitatif à l’européenne, différent de celui que pratiquent la Fed ou la BoE. Néanmoins, la BCE n’a pas eu d’autre choix pour tenter d’éviter un impact trop récessif sur l’économie réelle. On a fait un pas de plus vers une BCE qui serait un prêteur en dernier ressort, contribuant à redonner une certaine confiance au marché.
Dans le contexte actuel, quelle est votre stratégie sur le crédit ?
La LTRO à 3 ans nous semble être un soutien structurel très fort aux spreads bancaires, pour des raisons à la fois fondamentales et techniques. Par ricochet, ceci nous semble bénéfique pour les corporates. Nous sommes donc positifs sur le crédit, et notamment les titres bancaires les plus directement impactés par ce LTRO.
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