«La liquidité sur le marché secondaire obligataire reste irrégulière»
L’Agefi : quelles sont les conséquences des LTRO sur le crédit ?
Tanguy Le Saout : Le fort taux de participation aux LTRO à 3 ans bénéficie à notre stratégie crédit. Cependant, il a également modifié les dynamiques offre/demande sur les marchés obligataires. Nous avons observé une forte pression à la vente sur les souverains périphériques au cours des derniers trimestres 2011 venant de banques du cœur de la zone euro et de certains investisseurs locaux. La BCE a été le seul opérateur du côté de la demande. Sans surprise, le marché du crédit a été très corrélé aux spreads des souverains périphériques. A présent, les marchés sont mieux équilibrés. Les obligations corporates ont donc été l’une des classes d’actifs les plus performantes depuis le début de l’année. La situation technique paraît encourageante sur le court terme, cependant la liquidité du marché secondaire reste irrégulière.
Pourquoi privilégiez-vous toujours les obligations notées A ?
Notre portefeuille est légèrement biaisé envers les émetteurs notés A. Cette année, la croissance devrait rester atone dans beaucoup d’économies européennes et la confiance des consommateurs demeure fragile. Nous restons principalement focalisés sur des émetteurs moins cycliques et mieux notés, générant des flux de trésorerie élevés et présentant des bilans solides et de faibles risques de refinancement. Nous sommes particulièrement positionnés sur les entreprises exposées aux économies émergentes à forte croissance. Nous repérons cependant des valorisations intéressantes sur des entreprises moins bien notées (BBB) mais qui ont été très résilientes en termes de chiffres d’affaires, qui ne sont pas «sur-leveragées» et qui opèrent sur des secteurs assez stables.
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