La Hongrie entend réduire l’endettement des ménages en devises étrangères

La banque centrale va imposer dès janvier des limites à l’endettement des ménages en devises étrangères pour compenser la chute du forint
Patrick Aussannaire

La Hongrie se convertit aux outils macroprudentiels. A partir du mois de janvier 2015, une limite du niveau du ratio des intérêts payés par rapport au revenu disponible (PTI) sera fixée à un seuil de 50% et 60% pour les emprunts en devise locale en fonction des revenus mensuels, de 25% et 30% pour les prêts en euros et de 10% et 15% pour ceux en autres devises. La limite du ratio de prêt sur valeur du bien (LTV) a en outre été fixée à 75% et 80% pour les prêts en forint, à 45% et 50% sur les prêts en euros et à 30% et 35% sur ceux libellés en autres devises. En outre, seuls les ménages disposant de revenus légaux déclarés auront accès au crédit.

Avec ces mesures, la banque centrale hongroise (NBH) espère mettre un frein à l’économie souterraine, ainsi qu’à l’excès d’endettement des ménages, notamment en devises étrangères. «En matière d’excès de demande de crédit et de risques pris par le secteur bancaire, ces outils peuvent se révéler efficaces pour réduire le risque systémique du système bancaire hongrois. Une croissance du crédit plus équilibrée est ainsi attendue dans le futur, ce qui entraînera une trajectoire de croissance du PIB plus stable», estime ING.

La BCE s’est félicitée de ces mesures, après avoir vivement critiqué les précédentes destinées à aider les ménages disposant de crédits en devises étrangères à les convertir en devises locales. «Le caractère plus strict des seuils de PTI imposés aux prêts en devises étrangères est destiné à compenser les effets négatifs d’une potentielle dépréciation du taux de change», explique ING. Or, le forint a chuté de 8,5% contre dollar depuis mai et de 11% depuis le début de l’année. Et la croissance du PIB a accéléré plus brusquement que prévu à 3,9% au deuxième trimestre, après 3,5% au premier.

Dans le même temps, l’inflation est repassée en territoire positif en juillet à 0,1% pour une inflation sous-jacente stable à 1,4%. Dans ce contexte, la NBH a confirmé la fin du cycle d’assouplissement monétaire de 490 pb cumulés depuis deux ans en laissant ses taux inchangés à 2,10%. «Malgré une contagion limitée des variations de taux de change aux prix à la consommation (environ 20%), la récente forte dépréciation du forint devrait faire grimper l’inflation dans les six prochains mois», estime ING qui ajoute qu’une poursuite de ce mouvement «devrait mettre la NBH sous pression pour relever ses taux avant fin 2015».

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