La hausse du dollar n’inquiète pas les autorités américaines

L’indice DXY mesurant l'évolution du dollar a progressé de 12% en un an. Elle n’a cependant pas empêché un reflux du déficit extérieur américain
Patrick Aussannaire

Depuis que l’attention est portée sur l’Europe et sur la Chine, on finirait presque par en oublier que «la devise qui a peut-être subi le mouvement le plus profond sur les douze derniers mois est le dollar», comme l’indique Citigroup.

Selon le poids de l’Europe dans les différents indices calculés, l’appréciation du dollar sur les douze derniers mois varie de 6% à 12%. A 82,41, l’indice DXY, dans lequel le poids de l’euro et des devises qui y sont arrimées atteint 61%, fait état d’une baisse du dollar de 12% sur un an, contre une appréciation de 13% en 2005. Selon l’indice de la Fed, dans lequel l’euro a un poids moins important, le dollar a progressé de 7%. Un rythme néanmoins nettement supérieur aux 2% enregistrés en 2005.

Une tendance soutenue par le différentiel entre le rendement du Bund allemand à 2 ans, à -0,04%, et celui des Treasuries américains de même maturité, proche d’un plus haut de deux ans à 0,28%, qui se maintient à environ 30 pb. Pour autant, elle s’inscrit dans un contexte de forte baisse de l’aversion pour le risque, qui historiquement tirait plutôt le dollar à la baisse. L’indice Citigroup est à son plus bas niveau depuis début 2010 et le VIX a chuté de moitié en un an pour tomber à 15 points.

Pourtant, la hausse du dollar pourrait perdurer selon Natixis qui s’attend à une forte appréciation non seulement par rapport à l’euro, avec «la ré-industrialisation des Etats-Unis et la poursuite de la crise de la zone euro», mais également face aux devises émergentes avec «le freinage de la croissance et la baisse des taux d’intérêt dans les pays émergents». Et Citigroup de se montrer plus mesuré en estimant que «le dollar devrait continuer à s’apprécier, mais pas au même rythme que celui connu sur les douze derniers mois, les marchés étant déjà longs d’actifs en dollars».

D’autant que «le déficit extérieur américain se réduit sur l’année 2012, et ceci malgré la force du dollar et le fait que l’économie américaine soit plus performante qu’en Europe ou même qu’en Asie» explique Citigroup.

En juin, le déficit est tombé à 42,9 milliards de dollars, son plus faible niveau depuis décembre 2010. La banque estime en outre que «seule une nouvelle appréciation du dollar de 5% à 10% pousserait la Fed et le Trésor américain à intervenir, même virtuellement», mais ne serait pas la motivation principale d’un éventuel lancement d’un nouveau programme quantitatif (QE).

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