La hausse des tensions inflationnistes contraint la RBI à opter pour le statu quo
La banque centrale indienne a laissé hier ses taux directeurs inchangés à 8%, ainsi que le ratio des réserves obligatoires des banques à 4,5%
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Patrick Aussannaire
La RBI a opté pour le statu quo. La banque centrale indienne a laissé son taux de refinancement et son taux «reverse repo» inchangés à respectivement 8% et 7%, à l’issue de sa réunion de politique monétaire qui se tenait hier. Le ratio des réserves obligatoires (RRO) est également resté inchangé à 4,75%, alors que le consensus tablait sur une poursuite de l’assouplissement monétaire. «Un signe que le regain des pressions inflationnistes limite fortement les marges de manœuvre du gouvernement en termes de politique monétaire», estime CM-CIC.
«Tandis que la croissance en 2011-12 a ralenti de façon significative, l’inflation reste au-dessus des niveaux permettant une croissance durable», a ainsi expliqué la RBI. L’indice des prix à la consommation est resté stable à 10,36% en mai, et les prix au détail ont accéléré à un rythme de 7,55%. Un objectif supérieur à celui de la banque centrale compris entre 5% et 6%. Celle-ci a précisé que ses «actions futures dépendront de la poursuite de l’impact des conditions extérieures et intérieures sur la baisse des pressions inflationnistes» mais s’est déclarée prête à «utiliser tous les instruments à sa disposition pour répondre de manière rapide et appropriée à toute détérioration des conditions».
Les signes envoyés par l’économie indienne sont en effet inquiétants. «L’Inde sera-t-elle le premier ange déchu des Bric ?» s’interrogeait même la semaine dernière S&P dans un rapport menaçant de passer la note du pays, actuellement à BBB-, en catégorie spéculative. En abaissant la perspective de la note à «négative», l’agence a jeté de l’huile sur le feu des inquiétudes qui pèsent sur la croissance du pays, qui a ralenti à 5,3% au premier trimestre, son plus faible niveau depuis 2003. «L’investissement est la composante la plus affectée de la demande intérieure» rappelle Natixis. La production industrielle s’est redressée faiblement de 0,1% en avril après une chute de 3,2% en mars.
Malgré la chute de la roupie de 20% en un an contre le dollar et de 10% depuis mi-mars, les exportations indiennes ont baissé de 4,2% sur un an au mois de mai. Pourtant, des voix à l’intérieur du pays appellent à ce que la RBI utilise ses 288 milliards de dollars de réserves de change pour enrayer la chute de la roupie, jugée responsable de la hausse des pressions inflationnistes qui bloquent les marges de manœuvre de l’autorité.
Les taux longs atteignent des niveaux inédits depuis parfois des décennies aux Etats-Unis, comme en Europe et au Japon, avec une repentification des courbes. La poursuite du conflit au Moyen-Orient fait craindre une inflation persistante tandis que les trajectoires budgétaires ne s’améliorent pas. Le rendement de l’OAT 10 ans a atteint 4,06%.
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