La hausse des devises asiatiques sert de rempart contre les pressions inflationnistes
Les pays asiatiques se sont finalement résolus à utiliser leurs devises pour contrer les pressions inflationnistes. Le futur premier ministre thaïlandais, Yingluck Shinawatra, a ainsi indiqué hier dans le Wall Street Journal qu’elle entendait laisser le baht s’apprécier librement. Un signe clair pour compenser la hausse de 40% du salaire minimum à 300 bahts et la fixation du prix du riz à un niveau 50% plus élevé que son prix actuel, qui risquent d’attiser les tensions inflationnistes. En mai, l’augmentation des prix à la consommation a atteint son plus haut niveau depuis 32 mois à 4,2%. Dans le même temps, les marchés anticipent une hausse des taux directeurs de la banque centrale, actuellement à 3,50%, d’ici à la fin de l’année.
Le won coréen, pour sa part, a touché mardi son plus haut niveau depuis 2008 à 1.062,65 pour un dollar, soit hausse de 5% depuis le début de l’année. «L’inflation est élevée, l’économie est solide, et les investisseurs étrangers sont toujours acheteurs des actifs locaux, ce qui soutiendra le won», estime Hwang Sun Min, cambiste chez Kookmin Bank à Séoul. Avec une croissance attendue à 5% au deuxième trimestre et une inflation qui est passée au-dessus de son objectif à 4,4% en juin, la banque centrale du pays a relevé ses taux à trois reprises depuis le début de l’année à 3,25%. La semaine dernière, les investisseurs internationaux ont été acheteurs nets de 684 millions de dollars d’actifs. Seul facteur qui pourrait contrarier le scénario de taux directeurs à 4% en fin d’année, la flambée de la dette des ménages qui a atteint 146% des revenus et contraint les autorités à prendre des mesures exceptionnelles.
La Banque populaire de Chine a, pour la troisième fois cette année, relevé le taux de prêt à un an à 6,56% et le taux de dépôt à 3,5%. Avec des taux réels qui restent négatifs en utilisant l’indice d’inflation global, et nuls en utilisant l’indice sous-jacent, et une inflation qui devrait effectuer une poussée à 6,2% en juin (contre 5,2% en mai), d’autres hausses sont attendues.
Dans ce contexte, Bank of America anticipe une appréciation de la devise thaïlandaise de 8,4% d’ici la fin de l’année à 28 bahts pour un dollar, de 7,5% du ringgit malaisien de de 5,8% du peso philippin. Dans le même temps, la banque prévoit une appréciationdu yuan sous les 6,30 contre dollar, qui devrait tirer à la hausse les devises asiatiques.
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