La hausse de TVA brouille les performances de l'économie japonaise

Le PIB s’est contracté plus fortement que prévu au deuxième trimestre avec une contribution positive des stocks qui pourrait s’inverser
Patrick Aussannaire

L’impact de la hausse de TVA a finalement été encore plus violent que prévu sur l’économie japonaise. La deuxième lecture du PIB au Japon a révélé une contraction de l’activité de 7,1% en rythme annualisé (contre 6,8% en première estimation), due à une chute des investissements deux fois plus forte que prévu, de 5,1%, ainsi qu’à celle d’un niveau identique de la consommation privée. Seule une contribution positive des stocks de 5,5 points, et du commerce extérieur de 4,3 points, a sauvé l’économie d’un choc encore plus violent, qui dépasse pourtant celui enregistré début 2011 suite au tremblement de terre et au tsunami qui ont dévasté le pays.

«L’activité est à présent plus faible qu’en 1997 lorsque le Japon est tombé en grave récession à la suite de la dernière hausse de TVA», ajoute même Citigroup. L’acquis de croissance est limité à 0,5%, avec légère contraction du PIB sur un an. «Au deuxième trimestre, l’écart entre le PIB et sa tendance est de -8,7%», précise Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM. Barclays anticipe certes une hausse du PIB de 3,7% en rythme annualisé au troisième trimestre, et de 2,8% au dernier trimestre. Un rebond qui serait suffisant pour maintenir une croissance réelle annuelle du PIB de 1,1% sur l’année 2014, après 1,5% en 2013.

Pourtant, «alors que le Japon semblait s’extirper progressivement et difficilement de sa spirale déflationniste, le relèvement du taux de la taxe sur les ventes début avril a compliqué la lecture de la conjoncture nipponne», estime Aurel BGC. Après un déstockage massif qui a ôté 0,7 point à la croissance japonaise du premier trimestre pour satisfaire la forte demande précédant la hausse du taux de TVA, les économistes s’inquiètent des effets d’un restockage sur les trois mois suivants. «Les perspectives du troisième trimestre restent conditionnées aux stocks. La possibilité d’un déstockage massif ne peut être écartée», estime Barclays.

Dans ce contexte, «le gouvernement devrait évoquer un plan de relance supplémentaire début octobre, avant la décision prévue en décembre sur un éventuel nouveau relèvement de TVA en avril 2015. La BoJ devrait même être impliquée dans ces discussions» avec en ligne de mire une possible rallonge à son programme de rachats d’actifs, estime Citigroup. Si les salaires ont très fortement rebondi de 2,6%, ils restent en baisse de 1,4% sur un an en termes réels.

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