La guerre des nerfs continue dans les discussions sur la restructuration de la dette grecque
Les négociations sur la participation du secteur privé à la restructuration de la dette grecque (PSI) s'éternisent. Dans un communiqué diffusé samedi, l’Institute of International Finance (IIF), qui représente des créanciers privés détenant quelque 155 milliards d’euros de dette grecque, faisait part de son optimisme malgré le départ dans la nuit de vendredi à samedi de son directeur général, Charles Dallara. Une équipe d’experts de son comité de direction est restée sur place et des contacts téléphoniques ont eu lieu.
Soulignant des progrès importants, Charles Dallara a estimé que «les éléments d’une participation volontaire sans précédent du secteur privé se mettent en place». Mais hier soir, interrogé sur la chaîne de télévision Antenna, il a indiqué qu’il continuait de travailler «attentivement» sur le plan d'échange et que les dicussions se situaient «à la croisée des chemins». Il a tout de même réaffirmé son optimisme quant à une issue favorable. De son côté, le ministre français de l’Economie, François Baroin, a dit avoir «bon espoir» que les pourparlers se concluent. Il a ajouté lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro que les suspensions des discussions étaient logiques dans ce processus.
Les débats autour du coupon des nouvelles obligations sont animés. Selon le Financial Times, alors qu’un accord semblait se dessiner autour d’un taux de 4%, des représentants de la troïka (UE, BCE, FMI) ont réclamé un taux de 3,5%. Cet effort supplémentaire porterait la décote essuyée par le secteur privé à plus de 70%. Mais d’après Le Figaro, les membres de l’IIF refusent de descendre en dessous de 3,8%. Le journal précise que le plan initial prévoit un taux de 3% en 2014, 3,9% de 2012 à 2021 et 4,5% à partir de 2022.
Dans ces conditions, il ne semble pas acquis qu’un accord puisse être scellé à temps pour la réunion de l’Eurogroupe, contrecarrant ainsi les plans du ministre grec des Finances, Evangelos Vénizelos. D’autant que d’autres questions restent à résoudre, et notamment l’introduction de clauses d’action collective avec effet rétroactif. Une décision qui entraînerait probablement la participation de la BCE, souligne Stéphane Deo, économiste chez UBS. Dans ce cas, une décote de 70% lui coûterait environ 22 milliards d’euros.
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