La Grèce tente de trouver l’unité face aux exigences de ses créanciers internationaux

La coalition gouvernementale s’est réunie hier pour tenter d’aplanir ses dissensions en vue de l’obtention d’un deuxième plan de soutien
Antoine Duroyon

La Grèce évolue «sur le fil du rasoir», selon l’expression de son ministre des Finances Evangélos Vénizélos. Des discussions cruciales ont eu lieu hier entre les trois représentants du gouvernement de coalition : Georges Papandréou (Pasok), Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie) et Georges Karatzaferis (Laos). Objectif de la réunion : obtenir l’adhésion de l’ensemble de la classe politique grecque aux mesures d’austérité décidées dans le cadre des pourparlers avec les créanciers internationaux. La tâche ne s’annonçait pas facile, le Laos assurant ainsi ne pas avoir l’intention de céder à un «chantage».

Les trois formations se sont néanmoins accordées sur une réduction des dépenses publiques de 1,5% du PIB en 2012. Cet effort inclut des mesures de réduction des salaires et des charges sociales afin d’engager une relance de la compétitivité de l'économie grecque. Il excède les demandes faites par les créanciers internationaux qui réclamaient une réduction des dépenses de 1% du PIB pour cette année, soit un peu plus de 2 milliards d’euros. En contrepartie, la troïka (FMI, UE, BCE) donnerait son feu vert à un deuxième plan d’aide de 130 milliards d’euros.

Signe qu’Athènes entend défendre son indépendance, une nouvelle réunion de la coalition est prévue ce midi afin de livrer une réponse de principe à la troïka. Le gouvernement de Lucas Papadémos doit composer avec de multiples pressions : les deux principaux syndicats grecs ont appelé à une grève de 24 heures demain, tandis que les partenaires européens ont haussé le ton.

«Si nous devions constater que tout va à vau-l’eau en Grèce, alors il n’y aurait pas de nouveau programme» de refinancement du pays, a menacé ce week-end le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. «Cela signifierait une faillite en mars», a-t-il précisé. Cette mise au point est intervenue alors que les données officielles de l’Union européenne montrent que la dette grecque a atteint 159,1% du PIB au troisième trimestre, tout près de la prévision de 162,8% pour l’année complète.

Quant aux négociations avec les créanciers du secteur privé sur la restructuration de la dette - une opération qui doit être lancée au plus tard le 13 février - elles progressent «relativement bien», selon le ministre français de l’Economie, François Baroin.

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