La Grèce s’offre une bouffée d’air provisoire

Berlin semble prêt à accorder des délais au nouveau gouvernement sur ses objectifs budgétaires
Patrick Aussannaire
Le Parlement grec. Photos: Kostas Tsironis/Bloomberg
Le Parlement grec. Photos: Kostas Tsironis/Bloomberg  - 

La Grèce évite le chaos. Grâce aux 29,96% des voix récoltés à l’élection législative qui s’est tenue hier en Grèce, le parti de la Nouvelle Démocratie dirigé par Antonis Samaras devrait être en mesure de former un gouvernement de coalition avec le Pasok socialiste, qui récolte 12,46% des voix. De quoi faire rebondir les marchés asiatiques et l’euro ce matin. L’indice MSCI Asie Pacifique progressait de 1,4% à 115,78 points, l’indice Nikkei 225 de 2,3% à 8.749,31 points, et la monnaie unique de 0,6% à 1,2719 contre dollar.

La Coalition de la gauche radicale Syriza opposée au plan d’austérité imposé par les bailleurs de fonds a finalement terminé en deuxième position avec 26,65% des voix. Un niveau en forte augmentation par rapport aux 16,78% récoltés lors du dernier scrutin. Si la différence entre les deux partis arrivés en tête n’est que de trois points, le bonus de 50 sièges à l’assemblée accordé par la loi électorale au parti arrivé en tête permet aux pays d'éviter un nouveau blocage politique.

Antonis Samaras a appelé tous les partis partisans à rallier un gouvernement « d’union nationale ». Un appel suivi par le leader socialiste du Pasok, Evangelos Venizelos, qui a estimé que la Grèce avait besoin d’avoir un gouvernement dès aujourd’hui. Les tractations entre la Nouvelle Démocratie, créditée de 130 sièges sur les 300 du parlement, avec le Pasok socialiste, crédité de 33 sièges, et le parti de gauche modérée Dimar, crédité de 17 sièges, vont débuter.

Si cette coalition contre nature de 180 sièges est soudée par la volonté de ne pas voir le pays sortir de la zone euro, l’issue n’est pas encore garantie. Et Reuters d’indiquer que le Pasok ne s’est pas encore décidé sur une éventuelle participation au gouvernement. «Nous accorderons sans aucun doute notre vote de confiance mais nous sommes plutôt réticents à l’idée de participer au nouveau gouvernement», selon un haut responsable du parti socialiste cité par l’agence. «Le peuple grec a voté aujourd’hui pour rester dans la course européenne et rester dans la zone euro», a tenu à rassurer Antonis Samaras à l’issue du scrutin. Les ministres des finances de la zone euro se sont d’ailleurs engagés dès hier soir à « soutenir la Grèce dans ses efforts d’ajustement afin de s’attaquer aux nombreux défis auxquels son économie est confrontée ».

Le dirigeant de la Nouvelle Démocratie a néanmoins fait campagne sur l’intégration d’un volet de croissance dans les mesures d’austérité imposées par la Troïka. Et les yeux sont maintenant rivés vers l’Allemagne. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a laissé entendre hier qu’un délai supplémentaire pourrait être accordé au gouvernement grec pour réaliser ses objectifs budgétaires.

Mais les difficultés de la Grèce ne s’effacent pas pour autant. Les recettes fiscales ont chuté de 10% en mai sur un an et la demande intérieure a chuté de 22% suite à la cure d’austérité imposée par Bruxelles. BNP Paribas attend une contraction du PIB au deuxième trimestre au moins équivalente à celle du premier, de 2%. Et la fuite des dépôts, qui se monte à 44 milliards d’euros depuis avril 2011, aurait même accéléré à un rythme de 500 millions à un milliard par jour. A ce rythme et sans aide extérieure, RBS estime que la Grèce pourrait se trouver à court de collatéral en 73 jours.

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