La Grèce serre les rangs avant d’affronter ses partenaires européens
Il n’est pas certain que les partenaires européens de la Grèce goûtent le charisme parlementaire hellène. A l’occasion d’un discours très attendu devant le parlement, le Premier ministre Alexis Tsipras a affirmé que son pays n’accepterait pas la prolongation du programme d’aide financière au-delà du 28 février et a annoncé une série de mesures sociales s’opposant à l’austérité exigée par la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI).
«Le plan de sauvetage a échoué», a-t-il martelé. «C’est un problème de choix politique: aussi longtemps que nos partenaires insisteront sur l’austérité, le problème de la dette se perpétuera.» Pour remplacer le programme d’aide, Alexis Tsipras a rappelé son souhait de conclure avec ses créanciers un «programme-relais» courant jusqu’en juin, pour assurer les besoins financiers immédiats de la Grèce.
Pendant son discours, le Premier ministre n’a eu de cesse de déconnecter les réformes et le paiement de la dette du pays – dont il a confirmé la nécessité – avec la poursuite de l’austérité. C’est ainsi qu’il a détaillé une kyrielle de mesures sociales.
Parmi elles: l’augmentation du salaire minimum de 580 à 751 euros par mois, la réembauche des fonctionnaires licenciés «illégalement», l’encadrement des licenciements collectifs, le remplacement de la taxe immobilière par une taxe sur les résidences les plus chères et des mesures en faveur des ménages modestes. Enfin, Alexis Tsipras a dit vouloir réclamer à l’Allemagne le versement d’indemnités de guerre et le remboursement du prêt imposé par l’occupant nazi à la Banque de Grèce – qu’il estime à la moitié de la dette du pays.
Mais s’il a donné à son discours des accents patriotiques enflammés, le Premier ministre a pris soin de ne pas définitivement braquer ses interlocuteurs. Ainsi, il a précisé que l’augmentation du salaire minimum serait «graduelle». En outre, les fonctionnaires licenciés «illégalement» représentent environ 3.000 personnes. On est donc loin des réembauches massives craintes par certains observateurs. Il a aussi souligné sa volonté de parvenir à l’équilibre budgétaire.
Le gouvernement avait indiqué la veille qu’il présenterait mercredi prochain à ses partenaires un plan complet pour assurer la transition vers un nouvel accord sur la dette du pays. Reste qu’il n’a pas vraiment les cartes en main. Pour ne rien arranger, la décision de Moody’s, vendredi dernier, de placer la note de la Grèce (Caa1) sous surveillance négative ne plaide pas en sa faveur.
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